Auteur/autrice : Cassiopee

Nuit

L’arbre

Tu sais, je viens de toutes les saisons,

Droit et courageux dans ce champ en friche.

Mon tronc si fatigué semble chiffon

Pourtant, jadis, j’étais robuste et riche.

…

Les traces du printemps sont déjà là.

Et mon corps feuillu néglige les ombres.

Je résiste, survivant, mâle alpha

Dans le chahut du temps et ses décombres.

…

Combien de matins encore au chevet

De mon écorce campant dans l’écume,

L’automne ricoche sur mes volets.

J’ai laissé au vent mon joli costume.

…

Tellement froid sous la blancheur d’hiver.

Sur le chemin où gémit le silence,

Mon cœur suinte, mes sanglots de fer

Épousent les heures en résilience.

…

Quand, parfois, un rêve dans le brouillard

Soulève mon chagrin sous les nuages,

Mes bras scarifiés déposent leur fard.

Et, il me prend des envies de voyages.

…

Déferlent les pluies sur mon oreiller.

Quand bien même, je persiste de marbre.

Les branches fagotées à ton papier

Deviennent bruissement, je reste arbre.

…

Avec la complicité de mon Ami Margi : https://margimond.eklablog.fr/ qui m’a prêté les images de son copain des champs et de Chatgpt pour l’arbre qui marche et la boule de neige.

Diligence

Au levant

Autour des étoiles, la brume

S’en va déposer son humeur.

Rose d’espérance, l’écume

Du temps est en apesanteur.

…

L’heure assise sur la congère

Chasse sa rime vers le ciel.

Dans sa guipure de poussière,

Elle rêve d’intemporel.

…

Ici, la grande ourse se couche.

L’aurore sèche ses sanglots.

A vif, le silence fait mouche

Dans les cathédrales de mots.

…

Avec ce goût de fleurs sauvages,

Tout près des limbes, le levant

Court sur le chemin des nuages

En cherchant l’astre conquérant.

…

Demain grignote ma boussole

En perpétuel devenir.

L’aube défait sa camisole,

Dernière ronde puis partir.

…

Au cœur des nuits crépusculaires,

Où les vents ne dorment jamais,

S’hérissent les cirrus polaires,

Et pourtant le jour apparaît.

…


Lumière

Un soir de Noël

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Messages

Les possibles

Demain

Solitude

Dans la forêt où l’arbre dépouillé

Accueille le silence qui crachote,

Je marche dans un corridor rouillé

Par l’automne quittant sa redingote.

…

Au lit du vent, mes rêves éperdus

Se serrent dans de grises couvertures.

Oubliés dans l’ombre, d’anciens rébus

Tuent le temps en cherchant une ouverture.

…

Ma cape d’amertume sur la peau

Ne suffit pas à réchauffer l’haleine

De mes souvenirs dont le vieux troupeau

Occupe le grand désert de ma peine.

…

Pourtant, le brouillard sème son ennui

Sur mon cœur triste et festonné de larmes.

L’oiseau s’envole du feuillus vieilli

J’accroche mon regard à son alarme.

…

J’ai congédié l’attente hors du chemin

Mais si elle tente encore sa chance,

Des cloches éternuent dans le lointain

Comme si elles ruminaient vengeance.

…

Et, dans l’embrasure du ciel frisson

Un astre invite dans l’infinitude

L’absence transpirant sous l’édredon

De mon vaste pays de solitude.

…

Poème proposé à Chris pour son défi mensuel : au pays de la solitude

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