Auteur/autrice : Cassiopee
21 janvier 2026
Sur l’égouttoir des jours, une mésange
Accueille ce grand silence installé
Entre les branches, que rien ne dérange.
L’hiver placarde son gel dépeuplé .
…
Le chemin qui s’élève vers la cime
D’un autre horizon est bien caillouteux.
Ne pas tomber dans l’ombre et son abîme
Couturés de passages hasardeux.
…
Mais le matin dévore la lumière
Qui craque déjà sur notre sentier.
Le froid dégouline de la bruyère
Résistante à son vieil arbalétrier.
…
Les bras chargés d’heures et d’espérance,
J’attends que les branchages gorgés d’eau
Reprennent leur éphémère jactance.
D’herbe en herbe, le temps perd son fardeau.
…
Un feu réchauffe la nuque des strophes.
Ici, mon cœur couve nos souvenirs.
La porte ouvre les enclos limitrophes
Aux foyers inassouvis des désirs.
…
Si je traîne du bois mort sur l’épaule,
Mon âme hume l’été qui se construit.
L’alphabet réfugié contre le saule
Ignore enfin les flaques de la nuit.
…
13 janvier 2026
Tu sais, je viens de toutes les saisons,
Droit et courageux dans ce champ en friche.
Mon tronc si fatigué semble chiffon
Pourtant, jadis, j’étais robuste et riche.
…
Les traces du printemps sont déjà là.
Et mon corps feuillu néglige les ombres.
Je résiste, survivant, mâle alpha
Dans le chahut du temps et ses décombres.
…
Combien de matins encore au chevet
De mon écorce campant dans l’écume,
L’automne ricoche sur mes volets.
J’ai laissé au vent mon joli costume.
…
Tellement froid sous la blancheur d’hiver.
Sur le chemin où gémit le silence,
Mon cœur suinte, mes sanglots de fer
Épousent les heures en résilience.
…
Quand, parfois, un rêve dans le brouillard
Soulève mon chagrin sous les nuages,
Mes bras scarifiés déposent leur fard.
Et, il me prend des envies de voyages.
…
Déferlent les pluies sur mon oreiller.
Quand bien même, je persiste de marbre.
Les branches fagotées à ton papier
Deviennent bruissement, je reste arbre.
…
Avec la complicité de mon Ami Margi : https://margimond.eklablog.fr/ qui m’a prêté les images de son copain des champs et de Chatgpt pour l’arbre qui marche et la boule de neige.
5 janvier 2026
Un brûlot d’heures a soufflé le jour
Sur l’adret de notre vieille planète.
Au loin, s’envolent déjà les vautours
De la nuit et son angoisse secrète.
…
Le temps sur son escalier vermoulu
Vacille en remontant sa grande horloge.
En voilà un sentiment ambigu
Dont il fait, à Dame lune, l’éloge.
…
Entre les barreaux, un astre lointain
Invite les comètes dans sa course.
Au noir des ténèbres, se tend la main
De celle qu’on appelle la grande ourse.
…
Un ciel noir se cambre sous son bâillon.
Mais, sous les ruines, des pluies de braise
Traversent les veines de l’horizon.
Est-ce l’aube qui ouvre une mortaise.
…
Quelques mots vers la première lueur
Ruissellent et des buées cristallines
Bombent le torse dans la bonne humeur.
Demain prépare déjà ses lettrines.
…
L’œil ouvert, le cœur collé au carreau
Je regarde mon écriture en friche.
L’esprit du soleil dans le caniveau
Veut bien me dédicacer son affiche.
…
Et, s’ouvre la porte de l’alphabet
Pour que je renaisse dans le silence.
Entre les marges du petit carnet,
J’ai arrêté pour toi ma diligence.
…
27 décembre 2025
Autour des étoiles, la brume
S’en va déposer son humeur.
Rose d’espérance, l’écume
Du temps est en apesanteur.
…
L’heure assise sur la congère
Chasse sa rime vers le ciel.
Dans sa guipure de poussière,
Elle rêve d’intemporel.
…
Ici, la grande ourse se couche.
L’aurore sèche ses sanglots.
A vif, le silence fait mouche
Dans les cathédrales de mots.
…
Avec ce goût de fleurs sauvages,
Tout près des limbes, le levant
Court sur le chemin des nuages
En cherchant l’astre conquérant.
…
Demain grignote ma boussole
En perpétuel devenir.
L’aube défait sa camisole,
Dernière ronde puis partir.
…
Au cœur des nuits crépusculaires,
Où les vents ne dorment jamais,
S’hérissent les cirrus polaires,
Et pourtant le jour apparaît.
…
15 décembre 2025
Dans la débâcle du silence gris,
L’ombre ingurgite les aubes opaques.
Un vent glacé tord les arbres punis ,
Le dernier pétale a tourné casaque.
…
Et, au matin qui s’incline déjà,
Le ciel ouvre ses rideaux de dentelle,
On aperçoit, assis sur son sofa
Un hiver qui tourne la manivelle.
…
Le temps écoulé dans le vase bleu
Voit l’oiseau ébouriffé sur la branche.
Il aimerait tant formuler un vœu
Afin qu’un soleil prenne sa revanche.
…
Ailleurs, un coquelicot en exil
Invente l’été dans le sang des landes,
Pendant qu’au terrier, le renard Goupil
Rêvasse à sa prochaine contrebande.
…
Pourtant, avec l’espoir caché sous l’eau.
Je trouverais peut-être ta balise.
Sur l’horizon, j’aperçois ton radeau
Vite, je clos ma petite valise.
…
Je prends alors les mots sur le chemin
Les accroche au clapotis des rivières
Et je les suis vers un abri lointain.
Les gouttes de l’attente sont lumière.
…
3 décembre 2025
C’est un battement d’ailes au jardin
Un merle agitant le dernier feuillage
Pour chaparder un sommaire larcin
Quand la mésange lisse son plumage.
…
C’est un mot suspendu au sapin vert,
L’escadron de boules aux étincelles
Qui traversent les mailles du haubert
Des ombres fatiguées sur leurs échelles.
…
C’est l’odeur des oranges et du pain
La rumeur des rennes, dans les nuages,
Une lettre chuchotant à demain
De venir, les bras chargés de messages.
…
C’est encore l’attente au coin du feu
Dans les ourlets de l’heure bruissante,
A évoquer le bonheur, cet enjeu
Hébergé sous une étoile filante.
…
C’est la plainte des humains à genoux,
Quand s’élève de la nef, les prières
Pour un monde meilleur et sans courroux
Lorsque l’obscur efface les lumières.
…
C’est un soir où claque le rituel
Un réveillon autour d’une famille,
Le souffle si magique de Noël
C’est l’espérance embrasant la pupille.
…
Poème envoyé à Chris pour son défi du mois : les couleurs de Noël
http://www.poetika17.com/
27 novembre 2025
Quand d’autres étés le long du chemin
Reposent en paix sur leur vieux lutrin,
Le vent vient me raconter son histoire
Qui voyage jusqu’à cet écritoire.
…
Alors, mon cœur se vêt de ciel carmin
Pour fleurir les mots hâves du matin.
Quelques flaques s’étirent sous la neige
Où part se mirer un nuage beige.
…
Au chant du silence, mille secrets
Jaunis s’égarent entre les signets
Amassés sur la route buissonnière.
Là-bas, s’enracine chaque lumière.
…
Sur la table d’hiver, le givre blanc
Écrit ses poèmes et sur le banc
Je t’attends sous ma cape boréale
Pour réchauffer notre histoire florale.
…
Jusqu’à la prochaine nuit, les ruisseaux
Vont braver l’hiver comme les oiseaux.
Pareille à la nuit glissant vers la lune,
L’obscurité monte sur sa tribune.
…
A travers la fenêtre où un frisson
Se dresse, l’air change de direction.
Viens boire le givre dans ma coupelle
Respirons l’ivresse sous la chandelle.
…
La broussaille qui borde les tisons
Des heures remplit l’âtre des saisons.
Et, dans le bruissement des feuillages
Des miettes de temps livrent leurs messages.
…
16 novembre 2025
Entends la musique de l’espoir nu
Qui soupire au milieu des futaies rousses.
En ses mains abîmées, le souffle dru
Des tempêtes interminables glousse.
…
Pourtant, sur le matin gris, j’ai croisé
Un soleil étouffé par des nuages.
Il s’égoutte sur le sol délavé
Mais regagne bien vite ses étages.
…
Alors, je peins l’ennui dans le couloir
Du vent avec des bouffées de lavande,
Pour laisser la froidure jusqu’au soir
Et l’endormir avec ma sarabande.
…
Des bouffées de jour crépitent déjà
Sur l’orbe de l’horizon dont le sable
Écluse les désirs de la saga
Des années et de leur âme coupable.
…
Aux eaux fatiguées de notre océan,
Je scande des mots vêtus de poussière.
Ils colmatent la stèle de l’écran
Éclairé par une faible lumière.
…
Tu peux à nouveau traverser le gué
Où s’effeuille le secret de la rose.
Un sourire vole au creux du passé
Ce souvenir que la tendresse arrose.
…
Si tu n’es qu’un pâle reflet, au loin
Mon cœur te hèle sur ces fils invisibles.
Ivre de nature, j’irai demain
Décrocher la guirlande des possibles.
…
9 novembre 2025
Contre mon épaule, le temps s’invite
Quand sur la ligne d’horizon, s’effrite
Le réverbère abîmé d’un été.
Plus loin, s’endort le souvenir des blés.
…
A la commissure de la rivière,
Le matin replié dans l’ornière
Frissonne, solitaire mendiant.
Les mots perdus s’accrochent au néant.
…
Sur la roche, un silence à nu picore
Sa maigrelette pitance, et essore
Les heures absorbées par les boulets
Que bombarde le vent dans les volets.
…
Quelques tuiles sont tombées du nuage
Balayant les fleurs des rosiers sans âge.
Des ombres claquent déjà leurs mouchoirs
Aux fenêtres de leurs sombres manoirs.
…
Au pied des ans fatigués, la nuit tisse
Son réseau et derrière la canisse,
Pourtant, un lâcher de jolis ballons
Colore de bleu une autre saison.
…
j’aimerais devenir la grande aurore
Pour que le rêve puisse enfin éclore
Sur les marches de ce jour où nos cœurs
Griffonnent leur prénom avec ferveur.
…
Ici, nous serions peut-être broussaille
Accueillant l’oiseau qui se ravitaille,
Herbes sauvages grimant le chemin
Où reposent les rosées de demain.
…
3 novembre 2025
Dans la forêt où l’arbre dépouillé
Accueille le silence qui crachote,
Je marche dans un corridor rouillé
Par l’automne quittant sa redingote.
…
Au lit du vent, mes rêves éperdus
Se serrent dans de grises couvertures.
Oubliés dans l’ombre, d’anciens rébus
Tuent le temps en cherchant une ouverture.
…
Ma cape d’amertume sur la peau
Ne suffit pas à réchauffer l’haleine
De mes souvenirs dont le vieux troupeau
Occupe le grand désert de ma peine.
…
Pourtant, le brouillard sème son ennui
Sur mon cœur triste et festonné de larmes.
L’oiseau s’envole du feuillus vieilli
J’accroche mon regard à son alarme.
…
J’ai congédié l’attente hors du chemin
Mais si elle tente encore sa chance,
Des cloches éternuent dans le lointain
Comme si elles ruminaient vengeance.
…
Et, dans l’embrasure du ciel frisson
Un astre invite dans l’infinitude
L’absence transpirant sous l’édredon
De mon vaste pays de solitude.
…
Poème proposé à Chris pour son défi mensuel : au pays de la solitude
http://www.poetika17.com/
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