Auteur/autrice : Cassiopee
28 septembre 2025
Si l’aube se pointe dans la venelle,
La nuit danse encore dans son couloir.
Des rêves se ramassent à la pelle
Maculés par les pas sur le trottoir.
…
Les lumières dépouillées de leur force
Logent encore le chant des cailloux.
Se lézarde sur l’arbre, son écorce
Témoin du temps et de son long courroux.
…
Sur un océan sans phare, naufrage
L’écume d’un été fort oublié.
Craque l’oyat pourchassant le fléchage
Pour enfin trouver un drap défroissé.
…
Et, au clocher des mots, la girouette
Ne sait plus où donner du ciboulot.
Seule, patiente la dame chouette
Qui chassera bien plus tard le mulot.
…
Plusieurs alphabets s’offrent aux morsures
Du vent effeuillant mes petits carnets.
A tâtons, le tambourin des froidures
Me délivre doucement ses pamphlets.
…
Se glisse l’automne sous ma poitrine
Une feuille tombe près de mon cœur.
Près, sur l’horizon, claque la bottine
D’une autre saison ravivant la peur.
…
Tu n’as rien dit des ponts de l’écriture
Alors, je grignote un poème entier.
Je m’invite au repos de ta césure,
Et je respire ton corps encrier.
…
19 septembre 2025
Dans la forêt complice, s’impatiente
L’oiseau, toujours gourmand d’herbe et de fruits.
Sur les bris de feuilles rouillées, l’attente
Revient frapper aux fenêtres du bruit.
…
Sous la mousse des nuages, les heures
Affamées forment un joyeux troupeau.
Le levant s’annonce au seuil des demeures,
Un matin neuf agite son plumeau.
…
Et, jusqu’à l’ultime lanterne où niche
Le grain de lumière, sur le chemin
De caillou en caillou avec la biche,
Je m’invite pour un autre festin.
…
C’est pourtant un automne qui dirige
Le vent dans les rosées de mon jardin.
Alors, faut-il cacher sous la volige
Les anciens trésors d’un été chafouin.
…
J’ai au cœur assez de secrètes plages,
Pour laisser le froid et l’obscurité
Au bruissement d’un silence en rage.
Je t’espère sur le sable esseulé.
…
A tes branches d’étoiles, je m’accroche
Quand le ciel là-haut étale son vœu.
Je sors nos beaux souvenirs de ma poche.
Des bouquets d’aube s’ouvrent sur le bleu.
…
Je réédite ce texte publié en 2024 pour faire écho au texte proposé par Will
10 septembre 2025
A la houle du matin, le pas lourd
De l’été égratigne la poussière,
Quand s’abreuve le silence trop sourd
Aux discours éculés de ma prière.
…
Désormais, le chant des mers sur la peau
Est aussi paisible qu’un doux murmure.
Le temps sans âme tire son rideau
Sur les heures sacrifiant leur armure.
…
Un ciel grisonnant lâche son foulard
Vers les branchages où l’oiseau somnole.
L’encrier vide susurre au buvard
Qu’il faut vite oublier la faribole.
…
Et l’ombre chuchote dans le chemin
A qui veut l’entendre ses commérages.
Là voici qui tricote le chagrin
Au-dessus des collines en otage.
…
Mais où je marche, mes pas de papier
Embrument d’autres soleils sur les cimes.
Veux-tu me rejoindre au seuil frontalier,
Je t’ouvrirai la porte de mes rimes.
…
Au vent des possibles, tous les buissons
Apprivoisent le pourpier des nuages.
S’envolent doucement les papillons
Par-delà la pergola des étages.
…
Sous le préau des mots, l’éternité
Recoud les haillons de vieilles fragrances.
Mon cœur se couche au seuil de la clarté.
L’horizon s’endort dans nos souvenances.
…
1 septembre 2025
Les terres écorchées crissent en vain
Dans le jour moulu par la sécheresse.
Il fait encore beau, seule richesse
Quand l’heure ocre vient nous prendre la main.
…
Le jour me traverse avec ses corsets
De soupirs, sarclant mes bras de broussaille.
Aux marées qui bâtissent leur muraille,
Mon château de sable offre ses secrets.
…
Au creux des champs amaigris, le fatras
D’un lit de ronces emmure mon rêve.
Et, sur le chemin qui mène à la grève,
Je pose mon chant et mes falbalas.
…
Les migrateurs rangent leur bivouac.
Se regroupent déjà mes hirondelles
Bon vol, mes élégantes demoiselles.
J’espère vous voir partir du tarmac.
…
Sur les ecchymoses de mes écrits,
Un horizon étend son encre fauve.
Quelques poèmes s’échouent dans le mauve
Où se cachent des verbes déconstruits.
…
Les braises froides au grenier de sel
Sont intactes pour les feux de l’aurore.
Tel le goût de nos baisers dans l’amphore
Du souvenir où infuse le ciel.
…
Un nuage saute de l’escabeau
Dans son bénitier, des égratignures
Et ce vent avançant ses longs murmures,
De fleurs, en fleurs, sur nos sentiers oiseaux.
….
texte proposé à Chris pour son défi mensuel : poetika17.com
24 août 2025
Sur l’esplanade ouverte de l’été,
Le clapot séculaire des semaines
Suit sa ronde comme par le passé.
L’eau s’écoule doucement des fontaines.
…
Endormi sous le toit des vents, le jour
Semble en retard dans la chambre sans âge.
Des franges de nuages hors de leur tour
Voudraient colorer en bleu leur dallage.
…
Jusque dans les terres asséchées, fuit
L’espoir épuisé, qui sous sa fourrure
Prépare le matin et se languit
D’un autre temps dépourvu de serrure.
…
Les pierrailles grommellent sans répit
Quand les feuilles tombent déjà des arbres.
Même, dans le jardin, se ramollit
La menthe citron qui semblait de marbre.
…
La rouille s’agrippe à mon vieux rideau.
Au loin, grince l’horizon où s’ébrèche
Un tas de souvenirs tel un fardeau.
Seul, le chardon dédaigneux tend sa flèche.
…
Si, l’automne s’approche à pas feutrés,
J’entends le poète qui se lamente.
Et, sur la nappe, les mots abîmés
Se marient aux heures gorgées d’attente.
…
18 août 2025
Un farfadet rampe au cœur de l’été,
Sa calèche pleine de longs dimanches
Bardés d’histoires d’un lointain passé
Et d’épouvantails relevant leurs manches.
…
Alors, les perséides, sans un bruit
Crucifient les rêves dans les étages.
Aux portes du ciel, j’enlace la nuit
Et ton prénom accroché aux nuages.
…
Je suis les grappes d’étoiles au soir
Pour quitter le chemin des solitudes.
Des rimes abandonnent leur bougeoir
Près des stèles empierrant l’habitude.
…
L’âge mûrit encore, tant bleui
Par la sève des années séculaires.
Contre un flanc écorché de l’infini,
Le temps dénude les mots grabataires.
…
Tout au bout des océans où l’oubli
Affiche le silex de sa froidure,
L’horizon écarte son drap jauni.
Un matin renaît dans son embrasure.
…
Un météore emporte mes migraines
Vers la digue où s’écrase l’inconscient.
Au champ de l’ombre, je sème des graines
D’aube et dans le sous-bois, chante le vent.
…
Alors, les heures dressent leur autel.
Un soleil debout peigne sa crinière,
Quand un poème ouvre la porte au sel
Du jour qui fermente dans ma théière.
….
10 août 2025
Si la porte du ciel se vêt d’écume,
Aux heures sauvages de notre été,
Je viens chaparder des brasiers de plumes
Pour que le boudoir des jours soit meublé.
…
Sur le chemin sableux, nos pas de lune
Quittent la chambre de l’aube sans bruit.
La houle au rendez-vous près de la dune
Éteint déjà les cendres de la nuit.
…
Viens, délaissons les étoiles filantes.
Il ne reste que le silence dru
Qui s’impose sur l’aile rougissante
Du matin où l’espoir est attendu.
…
A la fenêtre, l’écharpe saline
De l’océan envahit l’horizon.
Les heures offrent leur odeur marine.
Aux marches du temps, la mer est frisson.
…
Près de l’estran, s’invite cette rime.
C’est là que s’arrêtent nos pas gonflés
Des refrains du vent, illusion ultime
Pour que vivent nos rêves affamés.
..
En lisière de demain, les étreintes
De l’encre réclament d’autres lueurs.
Le bleu affiche ses pages repeintes
Le sais-tu, tu es toujours mon ailleurs.
…
3 août 2025
Un nuage détricote sa tresse
Sur le bras de l’océan apaisé,
Lorsqu’une vague comble la paresse
Du matin entortillé vers l’été.
…
A l’heure où mon pas croise la poussière,
Le jour s’embrase contre le rocher.
Un verbe roule jusqu’à ta paupière
Où l’ombre de la nuit vient se briser.
…
Alors, le soleil s’accouple au cantique
Des grands oiseaux bravant sur les hauteurs
Les orbes d’un silence pathétique.
Au seuil du ciel, le temps devient charmeur.
…
Loin, un écho rapporte le murmure
Des amours abandonnées au couchant.
Sous la pinède, un secret fend l’armure
Le baiser du large devient mon chant.
…
Si parfois, je glisse dans le malaise,
Mon âme n’a plus peur de l’infini.
J’ai emmuré ton cœur à ma falaise.
Les mots volent jusqu’aux toits de midi.
…
Au froissé du vent, l’espoir s’impatiente
Quand les mirages fuient sur l’horizon.
Sous la charmille, se cache l’attente.
Mais, au soir, je serai ta Cendrillon.
…
27 juillet 2025
Je cache au cœur un peu d’enfance,
Mille souvenirs au bras du destin.
Virevolte sans cesse la fragrance
Des saisons délaissées sur mon chemin.
…
Le temps, entre les tisons des orages
Ride mon écorce jusqu’à l’aubier.
Si vivante quand j’écris aux nuages
Alors que se rétrécit le sentier.
…
Quand bien même les marées successives
Lavent mes pas sur le sable mouillé,
Il reste tant de terres inconquises
Tout autour de mon poème esseulé.
…
Au diable, L’espoir criant sa promesse,
Je n’écoute que le chant de l’oiseau.
Le jour accueille l’aube, sa maîtresse
Quand le matin m’interroge à nouveau.
…
Je m’émeus devant la rose éphémère,
Le froufrou des blés contre mon tympan.
Je suis flocon de neige et la rivière
Qui emporte chaque secret d’antan.
…
Je console avec la chaleur des rimes
Les mots qui bordent le silence amer.
Si les digues cèdent dans les abîmes,
Le parfum de l’été chasse l’hiver.
…
Avec mon panier rempli de blessures,
Je rejoins l’harfang tout en haut des vents,
Cependant, bien droite dans sa posture,
La nuit glisse dans un bruissement.
…
20 juillet 2025
Certains soirs d’été, le temps amaigri
Abandonne au ras des flots, son corsage.
Le sommeil débarque du jour rougi
En pressant le pas sur l’autre rivage.
…
Au ciel trop grand, s’embrase la crinière
Des étoiles assoupies sur leur lit,
Mais les lampions clignent de la paupière
Si fort qu’un rêve céleste s’enfuit.
…
Je marche jusqu’aux portes du silence
Qui enlace nos cœurs coquelicot.
Il me faut franchir cette stèle immense
Où semble vivre l’espoir bien pâlot.
…
Là, entre la pierre et l’autel de marbre,
Quelques chardons égratignent ma peau.
Des oiseaux de nuit, sous l’épais de l’arbre
Écoutent le murmure du roseau.
…
Je ramasse une aurore sur ta route
Qui tricote sans peur nos lendemains.
Jusqu’au soupir des lunes, sous leur voûte,
J’accueille chaque secret dans mes mains.
…
Entends tu sourdre les mots des fontaines
Où s’abreuvent les rosées du matin.
L’avenir se cache dans les futaines.
Impatient, il court après ses sequins.
…
Le vent chevillé à l’âme sauvage
Des alphabets, rejoint notre horizon.
Un baiser de sel descend du nuage
C’est là que je bâtis notre maison.
…