Auteur/autrice : Cassiopee
19 octobre 2026
Tant de siècles assis sur leurs racines
Contemplent les aubes des lendemains.
Les grands oiseaux écoutent les comptines
S’élevant des pierres, autant d’écrins.
…
Un vent court sur des écharpes de lunes,
Et dans ce cosmos soudain lumineux,
Les haubans des étoiles sur leur hune
Éclairent l’horizon de mille feux.
…
Monte le chant céleste des mirages
Qui cognent à la porte des soleils.
Quelques battements de mon cœur nuages
Partent rejoindre des clochers vermeils.
…
Jusqu’en haut des secrets des cathédrales
Le temps caresse les silences drus.
A son vitrail, s’accroche les chorales
Des rêveries agitant leur rébus.
…
Maintenant, sur la sente du bocage,
j’aperçois des massifs de mots nouveaux.
Les ombres quittent les forêts sans âge
Pour tisser un fil contre leurs troupeaux.
…
Aimerais tu dans ce jour qui frissonne
Que nous allumions un joli flambeau
Pour éclairer la saison sauvageonne
Et, sans peur, entrer sous son chapiteau.
…
10 octobre 2026
Lavé de l’aube, le jour mord le ciel
Et cueille les baies roses des nuages.
Rien ne dérange un silence de miel
Qui va rejoindre les forêts sans âge.
…
Sous le porche où fane le liseron,
L’oiseau picore les graines des gaillardes. *
Dans le lointain, un timide frisson
Vient accompagner l’envol des outardes.
…
Puisque s’invite à la table du vent
Une dernière églantine sauvage,
Je laisse partir l’été lentement
Sur le sentier de son prochain voyage.
…
Octobre sort ses paniers de marrons
Et sur la racine encore brûlante,
L’heure enfile son chandail de coton.
Entends dans l’herbe un rêve qui enfante.
…
La douceur erre contre les buissons
Inclinant leurs nuques vers l’espérance.
Absorbés par les ors de la saison
La grive m’aborde avec sa romance.
…
Soudain, la fraîcheur sort de son terrier
Alerte que si le monde est médiocre,
Nous pouvons rallumer ce fort brasier
Qui veille en mon âtre de feuilles ocre.
…
Nota : les gaillardes sont des fleurs vivaces résistantes au froid et à la chaleur
28 septembre 2026
Contre les pierres où cogne mon pas,
Des chardons jaunis étreignent l’absence.
Le plomb de l’air tombe dans le fatras
Du jour niant jusqu’à son existence.
…
Jusqu’au sous-bois aux volets clos, fleurit
Le pourpre du temps au sein écarlate.
Un écho d’autres saisons rebondit
Sur l’hirondelle qui, déjà, se hâte.
…
Toujours cette lourdeur sur les barreaux
Des poèmes crucifiés aux fontaines.
Le ciel cabossé hors de son berceau
A perdu depuis des mois, ses mitaines.
…
Il y a tous ces matins muselés
Par le désordre de notre planète.
Quand, au clocher, l’angélus ébréché
Lance une ode impudente et désuète.
…
Alors, je vais par ce chemin d’été
Cueillir le chant de l’oiseau qui défroisse
Le nuage esseulé et affamé
De lumière pour oublier l’angoisse.
…
Parce que l’automne ouvre son rideau,
Là, où tout s’écroule en ma citadelle,
Sur ta branche, j’accroche mon flambeau
Et je vole sur ton cœur passerelle.
…
12 septembre 2026
Jupon carmin, je suis coquelicot.
Dans les prés, je bâtis des cathédrales.
Herbe sauvage au milieu du fagot
Des soleils qui soulèvent mes pétales.
…
Sur la haute branche, je suis oiseau.
Rouge-gorge ou hibou, je vagabonde.
Un battement d’ailes sous le rideau
Des nuages pour conquérir le monde.
…
Je suis le printemps au bal des saisons
Qui chasse des aubes les jours de doute.
Je suis la promesse vers l’horizon,
Des graines d’espoir semées sur la route.
…
Clapotis ou ressac, je suis la mer
Qui fend la lumière tel un mirage.
Apaisante l’hiver comme l’été,
Pour ton âme en paix, je suis le passage.
…
Étoile assise sur l’éternité,
Dans l’onde des nuits, je suis la grande Ourse.
Si je réinvente l’inachevé,
C’est pour contrôler la terre et sa course.
…
Sur la main du vent, je suis alphabet.
Dans un lâcher de silence, un poème
Saborde les ombres tel un soufflet
Et chaloupe vers mon pays bohème.
…
Enchaîné aux futaies du cœur ému,
Je suis sentiment sous l’humus de l’heure.
L’amour dévale les pentes, repu
Quand la passion demeure, ainsi soit- je.
…
J’ai proposé ce poème à Chris pour son défi mensuel : portrait ou autoportrait
http://www.poetika17.com/
5 septembre 2026
Un rêve file au dessus du silence
Vers un ciel nouveau et inexploré.
Dans son enclos, le temps s’est embourbé,
Les mains liées au mât de l’existence.
…
Déjà, l’imaginaire fait ses gammes
Sous le pont où le chant grave des eaux
Berce sans fin des brassées de roseaux,
Juste pour écrire un joli programme.
…
Mais la nuque fraîche des hautes herbes
Brille de rosées à lever les mots
Cousus aux semelles de mes ballots.
Sur les ronces, s’accrochent quelques verbes.
…
Est-ce l’aube, cette porte qui claque.
Dans le loin, un jour grime l’escalier
Et les cauchemars dans le cendrier
Ne sont plus que de vieux spectres opaques.
…
Un soleil époussette ses écailles
Sur le pluriel des chemins de hasard.
Mon âme rencontre enfin ton regard.
Tu me donnes la main hors de la faille.
…
L’été s’invite à l’occasion précieuse.
Nous voici sur les ailes de l’oiseau.
J’aperçois les contreforts du château,
Ce nid pour accueillir l’heure amoureuse.
…
30 août 2026
S’en va le jour sur le sable abyssal
Quand nous gravons nos baisers sur la roche.
La nuit s’éloigne sur le littoral
Où la noirceur de l’hiver se rapproche.
…
Presque Nous au bord des mots délaissés
Dans les étreintes d’une âme céleste.
Au creux du vide, sont enracinés
Nos poèmes soupirant dans leur sieste.
…
Tout juste ces reflets sur le buvard
Du temps, comme des ombres familières
Laissant une trace vers le regard
Et la résonance d’autres lumières.
…
La sève qui s’éclipse sur nos peaux
Enlace nos rêves de cathédrale.
Je viens prendre ta main et les rameaux
D’une cinquième saison en cavale.
…
Un soleil incliné sur l’horizon
Caresse avec tendresse nos visages.
Aux pieds des dunes, le dernier rayon
Oblitère les enclos des nuages.
…
A la moindre ombre, ne pas tressaillir
D’un verbe à l’autre, des aubes nouvelles
Effleurent les alphabets des désirs.
L’humus entretient le chant des ombelles.
…
19 août 2026
Des poèmes errent sur l’horizon,
Serrés contre les poteaux d’un nuage.
Le soleil cadenasse son lampion
Dans l’enclos des époques sans visage.
…
Un bouquet d’ombres sous les arbrisseaux
Étire son silence cathédrale.
Sur sa litière, le temps vermisseau
L’observe par le hublot de sa cale.
…
Mais, coincé entre les rocs du destin,
Un été s’annonce au chevet des lampes
Éteintes aux toits de nos lendemains.
Brûlera-t’il jusqu’à ses propres hampes.
…
Sur la sente de l’ennui, un lâcher
De jours immobiles tient la chandelle
Aux aubes délaissant dans leur grenier
Les foulards d’une espérance irréelle.
…
Faut t’il revenir des mots larmoyants
Pour vaincre la peur de l’oiseau aphone.
Le dérèglement allaite un néant
Où tombe ma plume bien monotone.
…
Là où je pose mon cœur de papier,
Des souvenirs traversent le vestiaire.
Quand l’averse servait le jardinier,
L’écrit prenait un autre itinéraire.
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10 août 2026
Quand devant l’aube, la nuit se prosterne,
Les vallées du temps déjà ébréché
Par les ombres sorties de la caserne
Ouvrent leurs livres au jour chiffonné.
…
L’heure a soif, ses bras criblés de chardons,
Elle ausculte le ciel pour une offrande
Mais, dans la chambre d’été, les violons
Du rêve s’agitent en sarabande.
…
Le matin s’essouffle entre les bosquets
Et dans le jaune silence des chaumes,
S’effondre la mémoire des reflets
Du passé arguant d’un autre royaume.
…
Ils survolent la crête de l’absence,
Ces grands oiseaux déracinés, déchus,
Dont les chants lèchent cette grande urgence
Où nous avons enterré leurs tribus.
…
Comme les terres asséchées, s’étiole
Le verbe du poète accaparé
Par les bruits du dehors, la camisole
Piégeant le monde et sa réalité.
…
Si, dans mes veines coule une rivière,
Les caniveaux sont gorgés de mes cris.
Jusqu’au marches du soleil, ma prière
S’enlise dans le futur en sursis.
…
3 août 2026
Au murmure des cils, le coquillage
Rejoint la dune blanche du matin
Et jusqu’au sang détrempé du nuage,
L’heure s’éveille sous son palanquin.
…
Je reviens enfin de ces eaux lointaines
De l’estuaire, qui, dans mon soupir,
Semble appauvri, happé par les fournaises
De la saison qui aimerait s’enfuir.
…
Si l’azur aux mains calleuses naufrage
Entre les bras de la plage sans tain,
Ton nom comme une liqueur d’eau sauvage
Court par-delà les murs du temps chagrin.
…
Alors, à la crête des vagues, traîne
Un soleil d’enfance aux rêves chargés
De marées ensablant l’histoire vaine
Quand l’oubli a déjà les pieds mouillés.
…
Entre les vieux roseaux et la bruyère,
Se mêle le sel aux verbes hâlés.
Là-bas, l’horizon peigne sa crinière,
Son regard tourné vers l’éternité.
…
Dans la marelle des algues marines,
Quelques bois flottés glissent sans élan.
J’entrebaille des parfums de résine
Offrant les secrets d’un bout d’océan.
…
23 juillet 2026
Sur la chair des vagues, l’encre fumante
Se tient debout et tisse son cocon,
Quand bien même, les heures rougissantes
Interpellent le ressac sans façon.
…
Si un voile d’eau raconte l’histoire
Au fragile des jours déjà hâlés,
Les embruns dans le sac de la mémoire
Bruissent au fil du vent, attachés.
…
Vois ces ombres refoulées, en prière
Dans la crypte du silence bougon.
Quand les dunes crépitent de lumière,
Le poids du temps flotte sur la saison.
…
Dans les marges de sel, ta bouche humide
S’ouvre sur la promesse de l’azur.
Ourlé de brise, l’océan se ride
Sans renoncer à son secret impur.
…
Loin, l’horizon mordu par un nuage
Installe le toit de son chapiteau.
Et nos baisers surfent sur cette plage,
Ton cœur égaré devient ma maison.
…
Au détour de nos écumes fougueuses,
La peau à vif, s’assoit l’inabouti.
Le soir tombe dans les marées nicheuses.
Viens enlacer mon corps origami.
…