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5 septembre 2026
Un rêve file au dessus du silence
Vers un ciel nouveau et inexploré.
Dans son enclos, le temps s’est embourbé,
Les mains liées au mât de l’existence.
…
Déjà, l’imaginaire fait ses gammes
Sous le pont où le chant grave des eaux
Berce sans fin des brassées de roseaux,
Juste pour écrire un joli programme.
…
Mais la nuque fraîche des hautes herbes
Brille de rosées à lever les mots
Cousus aux semelles de mes ballots.
Sur les ronces, s’accrochent quelques verbes.
…
Est-ce l’aube, cette porte qui claque.
Dans le loin, un jour grime l’escalier
Et les cauchemars dans le cendrier
Ne sont plus que de vieux spectres opaques.
…
Un soleil époussette ses écailles
Sur le pluriel des chemins de hasard.
Mon âme rencontre enfin ton regard.
Tu me donnes la main hors de la faille.
…
L’été s’invite à l’occasion précieuse.
Nous voici sur les ailes de l’oiseau.
J’aperçois les contreforts du château,
Ce nid pour accueillir l’heure amoureuse.
…
30 août 2026
S’en va le jour sur le sable abyssal
Quand nous gravons nos baisers sur la roche.
La nuit s’éloigne sur le littoral
Où la noirceur de l’hiver se rapproche.
…
Presque Nous au bord des mots délaissés
Dans les étreintes d’une âme céleste.
Au creux du vide, sont enracinés
Nos poèmes soupirant dans leur sieste.
…
Tout juste ces reflets sur le buvard
Du temps, comme des ombres familières
Laissant une trace vers le regard
Et la résonance d’autres lumières.
…
La sève qui s’éclipse sur nos peaux
Enlace nos rêves de cathédrale.
Je viens prendre ta main et les rameaux
D’une cinquième saison en cavale.
…
Un soleil incliné sur l’horizon
Caresse avec tendresse nos visages.
Aux pieds des dunes, le dernier rayon
Oblitère les enclos des nuages.
…
A la moindre ombre, ne pas tressaillir
D’un verbe à l’autre, des aubes nouvelles
Effleurent les alphabets des désirs.
L’humus entretient le chant des ombelles.
…
8 juillet 2026
Huit heures au clocher de mon village,
Les roses jaunies soupirent déjà.
Son lit défait, renonce le nuage.
Le ciel, rivière sans eau, attendra.
…
Pourtant, le jour s’habille de promesses.
La brise ourle l’heure de chants d’oiseaux.
Sous le porche où le lierre dit la messe,
Des ombres rapiècent leurs vieux rideaux.
…
Loin, un feu court sur la lande et trépigne.
Sa morsure pénètre les bosquets.
Rien ne le détourne, même la vigne
Va y passer, la mort prend les forêts.
…
Sans abri, l’été fore ses crevasses
Le long des orties du chemin perdu.
Là, les mots ont étendu leurs carcasses.
Couché dans les ronces, l’espoir s’est tu.
…
L’horizon fuit, emportant mon rêve.
Si nous avons creusé notre tombeau,
Quel gouvernant accordera sa trêve
A la terre sombrant sur son vaisseau.
…
Les blés moissonnés un mois à l’avance,
La planète a tout perdu au tripot.
Un souvenir au phare de l’enfance
Pleure en vain, fane le coquelicot.
…
1 juillet 2026
Les crues des nuits ont déversé leurs ombres
Dans le tournis du temps, sans émotion.
Si le silence gît dans les décombres,
La cigale s’endort sans édredon.
…
Mais, vers là-bas, des portées de nuages
Égouttent leurs velours cendré dans l’eau.
S’ouvrent les murmures de nos mirages
La mer fugue en emportant mon château.
…
Sur la pointe des pieds, l’aube façonne
Le ciel quand ton étoile entre au bercail.
Au-dessus des siècles, l’été chantonne
Un vent du sud ouvre son soupirail.
…
Si tes mots ont nourri mon écriture,
Dans les forêts du cœur, le pas léger
Du souvenir crisse sur l’engelure
Que ton départ empêche d’oublier.
…
Le crépuscule grimpe sur la rampe.
Un hiver est toujours dans l’escalier.
Mais, chaque matin, j’allume ta lampe
Qui réchauffe ma plume et l’encrier.
…
Je te vois le long des landes lointaines
Tu contemples la main dans le chapeau *
Chaque heure qui s’écoule des fontaines.
Tes collines chaulées d’un chant d’oiseau.
…
Nota : en référence à un livre de Bruno s’intitulant la main dans le chapeau.
Bruno Bourdiol nous a quittés le 3/07/2018 à l’âge de 56 ans. J’ai écrit beaucoup de textes pour lui rendre hommage. Il a toujours été pour moi, un maître d’écriture. Sa lumière continue d’éclairer mon chemin.
Son blog s’appelait la colline aux cigales
14 juin 2026
Au nu de l’ombre, s’engouffre l’attente.
Déjà se fond mon écorce de sel.
Entre les stèles de l’aube, s’invente
Un feu sur l’horizon intemporel.
…
L’oiseau dort encore sur les branchages
Où s’accrochent nos secrets oubliés.
Écoute battre au cœur des marécages
Le vieux tambour des roseaux burinés.
…
Là, de cailloux en pierres, les racines
Enlacent le ru où l’éternité
Abandonne ses rêves d’orpheline
Devant la danse folle du passé.
…
Ensemble, il faut ouvrir l’émeraude
Des nuages jusqu’au moindre poinçon.
Si le vent de terre souffle et maraude,
Le matin gris se trompe de saison.
…
Vers l’errance des pas, des cathédrales
De mots envers et contre le soleil
Enterrent leurs aiguilles végétales
Tout au creux de nos amours en sommeil.
…
Il est temps de quitter ce ciel albâtre.
Du chant séculaire à l’inachevé,
Les rosées abreuvent l’heure acariâtre,
Où je dérive, je suis bois flotté.
…
25 mai 2026
Si loin des guerres et des idolâtres,
Il y a cette source d’alphabets
Où la bienveillance nourrit les pâtres
Au-dessus des mots vains et des pamphlets.
…
Ici, un champ de poèmes s’éveille.
Et sur un épi de blé, un oiseau
Questionne le matin neuf qui surveille
Le jet de la fontaine et les points d’eau.
…
Sous les racines du soleil, patiente
Un été rougi de coquelicots.
Quelques strophes s’attardent dans ma tente
Où la saison a rangé ses sabots.
…
Voici venu le temps des épousailles.
Le chèvrefeuille et le jasmin unis
Dans un bruissement de la rocaille.
Leur encrier abreuve l’infini.
…
Au clair de terre, nos cœurs d’églantine
Infusent dans l’humus tiédi du vent.
Ton parfum agrippé à ma rétine
Me fredonne son refrain impatient.
…
Nos plumes rincées au bleu des nuages
Rasent les herbes folles du chemin.
Je vois descendre des lunes, les pages
Où nous écrirons un autre destin.
…
16 avril 2026
Les ombres ont fondu dans les crevasses
Quand d’autres hivers s’y cachent déjà.
Mais il suffit de boire quelques tasses
De lumière pour changer son karma.
…
Et dans les saignées des lunes, ruisselle
Un vieux silence écorché par des feux.
L’aube peint en rose sa balancelle.
Au levant, renaît un soleil glorieux.
…
Des couvées de lierre assaillent le porche
Où suintent des souvenirs d’été.
Au clair du matin brandissant sa torche,
Je prends ton bras où l’espoir s’est posé.
…
Ce qu’il reste de la nuit sur mon âme
Glisse soudain dans la gorge du jour.
Un murmure laisse place à la trame
D’un écrit à l’eau de rose et d’amour.
…
Le ciel bleu sur ton épaule fredonne
Ses comptines et l’azur affamé
Harangue la saison qui carillonne
A la porte des rêves délaissés.
…
Au lointain, la mer chante sa romance
Un chant démâté vogue sur les flots.
Mais les pollens prennent la confiance
En enlaçant nos cœurs coquelicots.
…
9 avril 2026
Mais, où sont donc passées les madeleines
Ordonnancées dans le placard du haut.
Charmantes pâtisseries quotidiennes,
Un gourmand aurait t’il donné l’assaut.
…
Aux croisées des estomacs en détresse,
Une brioche offre son réconfort.
Le petit déjeuner devient kermesse
Pour soulager l’âme de son effort.
…
Et, à la barbe des vieilles froidures,
La tasse chaude attend sur le plateau,
Café et thé offrent candidatures
Pour nous réchauffer contre le carreau.
…
S’opère une tentation éphémère
Entre les jolies tasses du matin.
Un espoir nouveau offre sa lumière
A l’autel du jour, fleurit un festin.
…
La biscotte courtise la tablette
Mélange de fève de cacao
Avec la pointe de sucre en goguette.
En voilà un charmant scénario.
…
La télé braille ses tristes nouvelles.
Mais, au devant, mijote un coup d’état
Pour laisser à l’oubli les ritournelles.
Viens, allons boire ce doux chocolat.
…
Texte que j’ai proposé à Chris pour son défi mensuel sur le chocolat dans tous ses états : http://www.poetika17.com/
20 mars 2026
Une lumière frêle se faufile
Entre les herbes, effluve futile.
Mais si l’aube se courbe dans l’ennui,
Le ciel pense que l’hiver est fini.
…
Alors, je pose l’espoir sur l’écorce
Du silence et le temps réamorce
La conversation avec les oiseaux.
S’échappe la nuit au creux des ormeaux.
…
Tandis que je grimpe jusqu’aux nuages
Ballottant des ombres dans le cirage,
Je vois bien que la lune a le tournis
Là-haut, tous les blizzards sont ahuris.
…
Vénus déballe son sac où l’attente
Gratte l’ourlet de la saison prudente.
L’écho du jour réveille les ruisseau x
Où pleuraient encore les vieux roseaux.
…
Des senteurs retenues dans les collines
Imposent un soupir sur les babines
De ce printemps dont le souffle carmin
Fait tourner les ailes de mon moulin.
…
Quelques iris défont leur muselière
Dans le tapage des mots en lisière.
Et chavire l’ombre dans le fossé
Où le froid s’était longtemps installé .
…
Au sable des pensées, chaque promesse
Lâche son pâle duvet et s’empresse
D’indiquer la porte ouvrant le sentier
A l’agitation du calendrier.
…
29 janvier 2026
Jusqu’à l’écorce de mon corps rougi
Tes strophes se souviennent de mon rêve.
Entre deux aubes, naît déjà le cri
Je m’éveille sur le sang de ta grève.
…
Alors, tes bras d’encre lissent le roc
De mon cœur et dans les herbes sauvages,
Le poème sent l’univers d’un bloc
Pour façonner les mots dans les nuages.
…
Mes doigts engourdis dans le matin nu
Embrassent ton souffle vers le grand large.
Nul doute que sur la plage, il a plu.
Sur l’horizon bleu, dérive ta barge.
…
Aux proues de ce moment intact et pur,
Le temps offre son épaule saline.
Cette lueur fauve sur le sol dur
Érafle le flux de l’heure marine.
…
Sous mon corsage de lune, le vent
Lacère ma peau d’écume et frappe
Jusqu’à la syllabe, le firmament
Un frisson en laisse de mer s’échappe.
…
Là où s’étire encore la fleur d’eau,
L’été abreuve ses terres lointaines.
Vogue sur les heures notre bateau,
La houle folle nous prend dans sa traîne.
…
Poème proposé à Chris pour le défi du mois : face à la mer
http://www.poetika17.com/ “
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