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3 décembre 2025
C’est un battement d’ailes au jardin
Un merle agitant le dernier feuillage
Pour chaparder un sommaire larcin
Quand la mésange lisse son plumage.
…
C’est un mot suspendu au sapin vert,
L’escadron de boules aux étincelles
Qui traversent les mailles du haubert
Des ombres fatiguées sur leurs échelles.
…
C’est l’odeur des oranges et du pain
La rumeur des rennes, dans les nuages,
Une lettre chuchotant à demain
De venir, les bras chargés de messages.
…
C’est encore l’attente au coin du feu
Dans les ourlets de l’heure bruissante,
A évoquer le bonheur, cet enjeu
Hébergé sous une étoile filante.
…
C’est la plainte des humains à genoux,
Quand s’élève de la nef, les prières
Pour un monde meilleur et sans courroux
Lorsque l’obscur efface les lumières.
…
C’est un soir où claque le rituel
Un réveillon autour d’une famille,
Le souffle si magique de Noël
C’est l’espérance embrasant la pupille.
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Poème envoyé à Chris pour son défi du mois : les couleurs de Noël
http://www.poetika17.com/
3 novembre 2025
Dans la forêt où l’arbre dépouillé
Accueille le silence qui crachote,
Je marche dans un corridor rouillé
Par l’automne quittant sa redingote.
…
Au lit du vent, mes rêves éperdus
Se serrent dans de grises couvertures.
Oubliés dans l’ombre, d’anciens rébus
Tuent le temps en cherchant une ouverture.
…
Ma cape d’amertume sur la peau
Ne suffit pas à réchauffer l’haleine
De mes souvenirs dont le vieux troupeau
Occupe le grand désert de ma peine.
…
Pourtant, le brouillard sème son ennui
Sur mon cœur triste et festonné de larmes.
L’oiseau s’envole du feuillus vieilli
J’accroche mon regard à son alarme.
…
J’ai congédié l’attente hors du chemin
Mais si elle tente encore sa chance,
Des cloches éternuent dans le lointain
Comme si elles ruminaient vengeance.
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Et, dans l’embrasure du ciel frisson
Un astre invite dans l’infinitude
L’absence transpirant sous l’édredon
De mon vaste pays de solitude.
…
Poème proposé à Chris pour son défi mensuel : au pays de la solitude
http://www.poetika17.com/
17 octobre 2025
S’endorment les brûlures de l’été,
Quand la romance du vent égratigne
La partition du jour déterminé
A gambiller encore dans la vigne.
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L’aube a pourtant planqué sous le chardon
Des soleils qui suintent de lumière.
Mais les heures se crêpent le chignon
Cherchant l’ouverture de leur chatière.
…
Quelques averses de mots innocents
Attendent sur le quai d’autres promesses.
Les rouges-queues avec leurs crissements
Reviennent et déclament leur hardiesse.
…
Se lézarde dans l’ornière, l’odeur
Du feuillage heurtant la terre si lourde.
Tandis que sur la nappe de ton cœur,
Je place mon poème déjà gourd.
…
Si quelques cernes de plus sur la peau
Rampent en s’adoubant de ma complainte,
L’étoile polaire avec son fardeau
Se met en route dans l’ombre sans crainte.
…
Plus que le soupir gris de l’horizon,
Sur mon épaule, repose l’attente.
Entre deux silences, mon édredon
Accueille l’automne qui se lamente.
…
Parfois, il faut jeter dans le ravin
La rouille naissante de nos morsures.
Accoudé au brouillard, le tambourin
Du printemps se cache dans les ramures.
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9 octobre 2025
Aux tempes grises du rosier fané,
L’aube accroche sa brume délicate.
Et sous le porche du jour épuisé,
Les heures traînent déjà la savate.
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Sur sa chaise d’ombre, un silence en deuil
Voudrait coucher cette saison en cage.
Alors, la table sous le grand tilleul
Engrange les rires et bavardages.
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Les coulis de ciel contre l’horizon
Dansent puis déposent leurs ballerines.
La rime glisse ses mots de coton
Sous les herbes folles et les épines.
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La menthe sauvage a fait son chemin
Parmi les allées de l’été sans âge.
Un automne attend au seuil du destin
Que les vents troublent enfin un nuage.
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Entre terre et mer, l’embrun endormi
Guette les marées contre son écume.
Mais le soleil ferme un tiroir rempli
D’incendies nourrissant notre amertume.
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Dans mon jardin, l’humus des alphabets
Ignore les choix égarés des âmes.
Ma plume recueille l’air des adrets
Pour que l’espoir poursuive ses programmes.
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S’il faut mordre le silex des matins,
J’écorcherais jusqu’au sang ma carcasse
Il faut croire encore à nos lendemains
Et ne pas s’effondrer dans la crevasse.
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1 septembre 2025
Les terres écorchées crissent en vain
Dans le jour moulu par la sécheresse.
Il fait encore beau, seule richesse
Quand l’heure ocre vient nous prendre la main.
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Le jour me traverse avec ses corsets
De soupirs, sarclant mes bras de broussaille.
Aux marées qui bâtissent leur muraille,
Mon château de sable offre ses secrets.
…
Au creux des champs amaigris, le fatras
D’un lit de ronces emmure mon rêve.
Et, sur le chemin qui mène à la grève,
Je pose mon chant et mes falbalas.
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Les migrateurs rangent leur bivouac.
Se regroupent déjà mes hirondelles
Bon vol, mes élégantes demoiselles.
J’espère vous voir partir du tarmac.
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Sur les ecchymoses de mes écrits,
Un horizon étend son encre fauve.
Quelques poèmes s’échouent dans le mauve
Où se cachent des verbes déconstruits.
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Les braises froides au grenier de sel
Sont intactes pour les feux de l’aurore.
Tel le goût de nos baisers dans l’amphore
Du souvenir où infuse le ciel.
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Un nuage saute de l’escabeau
Dans son bénitier, des égratignures
Et ce vent avançant ses longs murmures,
De fleurs, en fleurs, sur nos sentiers oiseaux.
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texte proposé à Chris pour son défi mensuel : poetika17.com
24 août 2025
Sur l’esplanade ouverte de l’été,
Le clapot séculaire des semaines
Suit sa ronde comme par le passé.
L’eau s’écoule doucement des fontaines.
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Endormi sous le toit des vents, le jour
Semble en retard dans la chambre sans âge.
Des franges de nuages hors de leur tour
Voudraient colorer en bleu leur dallage.
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Jusque dans les terres asséchées, fuit
L’espoir épuisé, qui sous sa fourrure
Prépare le matin et se languit
D’un autre temps dépourvu de serrure.
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Les pierrailles grommellent sans répit
Quand les feuilles tombent déjà des arbres.
Même, dans le jardin, se ramollit
La menthe citron qui semblait de marbre.
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La rouille s’agrippe à mon vieux rideau.
Au loin, grince l’horizon où s’ébrèche
Un tas de souvenirs tel un fardeau.
Seul, le chardon dédaigneux tend sa flèche.
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Si, l’automne s’approche à pas feutrés,
J’entends le poète qui se lamente.
Et, sur la nappe, les mots abîmés
Se marient aux heures gorgées d’attente.
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14 juillet 2025
A l’oblique des forêts de soleil,
S’efface le pas hésitant des dunes.
Il est tard sur notre page et pareil
Au silence, un jour s’enfuit sous les lunes.
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Des oiseaux d’ombre chuchotent au vent.
Parfois, leur feulement d’ailes affleure
L’océan gris toujours en mouvement.
Un chant ancien dans la vague demeure.
…
Et sur le chemin menant à la nuit,
Le solstice de cet été allume
Des souvenirs oubliés dans le bruit.
Mon regard se vêt de copeaux de brume.
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A la lisière du noir, la clameur
Des étoiles se répand sur la terre.
Ça fourmille tant au profond du cœur
Que le sommeil se cache sous la pierre.
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C’est là que je t’attends, près du rocher
Où notre phare réchauffe la houle.
Alors, sonne en moi ce dernier baiser.
Un glacis d’heures sur ma peau s’enroule.
…
Bientôt renaîtra l’aurore satin.
Je rentrerai des falaises obscures,
Un rêve cousu à mon baldaquin
Pour affronter le temps et ses fêlures.
…
Il restera les mélopées de l’eau
Au revers des ruelles des pendules.
Juste ne pas refermer le rideau,
Au seuil du matin, tu es libellule.
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15 juin 2025
L’épaule découverte, la saison
Cherche dans l’armoire sa capeline.
Un soleil sort du plumier son crayon
Pour effacer le gris de ma rétine.
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Le ciel délivre son bleu délavé
Sur la flaque d’ombre jadis hautaine.
Déjà, le matin soupire, essoré.
Contre la pierre, un silence se traîne.
…
Jusqu’aux voix de la mer, glisse le vent
Qui dénude l’ajonc de la falaise.
A contre-courant, l’oiseau impatient
Porte sur ses ailes, l’été de braise.
…
Si l’angélus s’enivre du jasmin,
Un coquelicot, les pieds nus, enfile
Son corsage tacheté de carmin.
Aux champs, la mémoire du blé rempile.
…
Et, l’azur tend son hamac sur mon cœur
Quand ton regard érafle mon écorce.
Un long murmure colle sa sueur
Dans les bois où la chaleur se renforce.
…
L’aube prochaine, j’irai à tâtons
Accrocher jusqu’à tes bras de fougère,
Des prairies d’eau et de clairs horizons
Où nos secrets rejoindront la lumière.
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16 mai 2025
A cloche-pied, l’aube avance ses pions.
D’autres matins reviennent sans surprise,
Prendre dans leurs bras nos exclamations.
Un merle moqueur guette la cerise.
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L’odeur du printemps au jardin mouillé
Érafle les ailes de l’hirondelle.
La pivoine ouvre son cœur enchanté
Il faudra repeindre la balancelle.
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Ce qu’il reste de nuit dérive ailleurs
Dans un ciel tressaillant de conjectures.
Ici, les étoiles brillent sans peur.
Les arbres s’alourdissent de verdure.
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Des buissons de rosées sur le chemin
S’agrippent au levant telle une ombrelle.
Un silence rebondit dans l’écrin
Du nid où dort une petite oiselle.
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Le cabas rempli de coquelicots,
le soleil voyage entre les fontaines
Où s’abreuve encore la chair des mots
Un vent léger ondule sur les plaines.
…
Dans le poème que tu as laissé
Et au nu de cette ombre clandestine,
Je t’attends en respirant l’air iodé.
Veux-tu épouser ma rime orpheline.
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5 mai 2025
Ta peau de papier regagne couleur
Le mois de mai intègre son empire.
Quand la pivoine au petit jour soupire,
Un soleil fait le mur avec ferveur.
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Jusqu’aux forêts où le merle vantard
Chante, le ciel joyeux pointe son visage.
Viens, allons courir avec les nuages.
La tiédeur flanque dehors le lézard.
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Au froissé des herbes, un papillon
Caresse le matin avec confiance
Et des pies rompent avec leur jactance.
Le silence ébahi sur le gazon.
…
Près du chemin qui glane nos secrets,
Nos pas crissent entre les fleurs sauvages.
Agrippé à l’air porteur de mirages,
Un écho sonne jusqu’aux carrelets.
…
Par-dessus ta nuque, j’entends la mer
Le cœur posé sur l’écume des heures.
Un roulis salé devient ma demeure
Et tout décoiffé, il rince l’amer.
…
D’autres nuits viendront filer leur coton
Au point du temps, un été apatride
Invite le coquelicot timide.
Des couvées bleues ouvrent leur baluchon.
…