Crevasse
Aux tempes grises du rosier fané,
L’aube accroche sa brume délicate.
Et sous le porche du jour épuisé,
Les heures traînent déjà la savate.
…
Sur sa chaise d’ombre, un silence en deuil
Voudrait coucher cette saison en cage.
Alors, la table sous le grand tilleul
Engrange les rires et bavardages.
…
Les coulis de ciel contre l’horizon
Dansent puis déposent leurs ballerines.
La rime glisse ses mots de coton
Sous les herbes folles et les épines.
…
La menthe sauvage a fait son chemin
Parmi les allées de l’été sans âge.
Un automne attend au seuil du destin
Que les vents troublent enfin un nuage.
…
Entre terre et mer, l’embrun endormi
Guette les marées contre son écume.
Mais le soleil ferme un tiroir rempli
D’incendies nourrissant notre amertume.
…
Dans mon jardin, l’humus des alphabets
Ignore les choix égarés des âmes.
Ma plume recueille l’air des adrets
Pour que l’espoir poursuive ses programmes.
…
S’il faut mordre le silex des matins,
J’écorcherais jusqu’au sang ma carcasse
Il faut croire encore à nos lendemains
Et ne pas s’effondrer dans la crevasse.
…
Curieux poème qui commence dans un jardin couvert de brume vespérale et où il semble que la joie règne, révolte de la vie contre la saison. Il continue du côté de la mer dans les embruns et devant un soleil couchant nourrissant l’amertume des temps. Enfin, il retourne dans le jardin, mais c’est pour y accueillir l’air des montagnes et des adrets (nostalgie de l’été quand le soleil brillait haut et longtemps sur la Terre et espérance d’un renouveau à condition de ne pas sombrer dans une des crevasses qui s’ouvrent devant les âmes égarées.) Très subtile et belle poésie.
Un poème plein de douceur.
Des mots pour dire que l’automne est bien là … Nostalgie mais beauté aussi dans tes mots. Douce journée
bonne soirée et à demain bises amicales YVETTE
Bonsoir Sedna,
Voici venu ce temps, où tout se fige en douce introspection. Les effluves d’une terre qui s’endort et le murmure du vent dans sa complainte qui résonne…
La lumière se décline, et nos paupières cherchent à travers la brume, un rayon de soleil.
Bien que la terre devient plus dure sous nos pieds, nous aurons toujours la force et l’espoir d’aller toujours de l’avant, et sous notre vieille carcasse, cette armure, qui se forge au fil des saisons et des âges, ta vision de la vie éclaire notre chemin : Il nous faut garder notre lampe allumée, quoiqu’il arrive, cet espoir en des lendemains meilleurs et en ces temps de chaos, avoir confiance en la paix et l’amour, si difficile soit ce temps…
De bien beaux vers, auréolés de ta lumière d’âme.
Merci Sedna, prends soin de toi. Ma rose d’amitié.
Entre la lumière et l’ombre se glissent des rayons d’espérance
“Il faut croire encore à nos lendemains
Et ne pas s’effondrer dans la crevasse.”
j’aime :La rime glisse ses mots de coton
le jardin apaise, parfois. mélancolie de l’automne
De très belles images et métaphores pour dire le glissement du temps, des saisons, avec l’espoir comme horizon.
Joli poème de transition entre deux saisons…
Bonne semaine.
Merci pour tes messages sur mon univers.
Bises
BONJOUR Sedna et oui l’automne arrive lentement chez nous ..pas encore de jolies couleurs comme je les aime mais ça va venir bon lundi amicalement YVETTE
Bonsoir Sedna,
Haut les cœurs ! L’automne annonce la fin de la belle saison mais buvons les derniers jours ensoleillés et rêvons de nouveau au beau printemps !
Bravo et bises amicales.
Annie
Mots de coton épine…
quand la douceur me touche et que la force me grandit.
Je fais mon chemin , chacun de mes pas éclaire ma route et ouvre mon cœur.
Peu importe mon âge , la joie et la curiosité m’ accompagnent toujours.
Tiroir rempli , je ne retiens que mes souvenirs tendres et lumineux.
Air des adrets , que le vent chaud et la lumière caressent mes jours.
Je mords la dureté du matin , avec courage et énergie
La vérité de ma carcasse , c’est d’accepter les aléas des années
Je crois en demain, que mon espoir éclaire et accompagne mes pas
Malgré les épines, malgré le coton que la vie m’ offre en douceur et résilience.
Je fais mon chemin, encore et chaque pas me mène vers la sérénité et la clarté.
A la joie et aux possibles.
Mots de coton, épines que mon émerveillement et ma force habitent ma vie.
Tiroir rempli, air des adrets, mordre le matin pour que chaque instant soit un Cadeau, que chaque souffle soit une bénédiction.
Croire en demain pour que ma route soit claire, douce, lumineuse, pleine de bonheur et de paix à partager avec les miens …
Bonne journée dominicale
Rose 🌹
L’un de tes plus beaux poèmes;
Merci Sedna !
Le premier vers m’a fait sourire car il est tout entier typique de ton écriture originale que j’adore. J’aime vraiment beaucoup cette orientation vers l’espoir, si essentielle et nécessaire. Très joli poème… J’aime aussi beaucoup celui de ta page d’accueil de Véronique Rouquette. Un excellent rappel. Bon week-end !
Bonjour Sedna. Joli poème de Véronique sur le mois d’octobre. Bonne journée
Un poème que j’ai ressenti entre ombre et lumière, plaisir et coups de griffe, sourires et tristesse.
Un poème poignant, empreint de lumière et d’ombre, où chaque vers semble porter la fatigue d’un monde en transition. Voici ma réponse en écho au dernier mot :
Même si le ciel parfois se fracasse,
Je sème un mot, une rime, une trace.
Pour que du fond, jaillisse l’audace,
Et que l’on chante au bord de la crevasse.
Bien à toi,
Phane
http://www.monmoiversifie.wordpress.com
Nos vies regardent passer les saisons. C’est la ronde de la nature qui nous accompagne !!
J’adore les tempes grises du rosier fané et ta façon de faire sentir chaque saison, chaque frémissement de l’air…
les saisons nous accompagnent ou est ce nous qui les accompagnons ? l’une suit, l’autre vient, et les mots engrangent mais qui lira, le carnet ou la page seront des caves ou des greniers, des espaces à qui nous confions nos espoirs…
Le course des saisons se poursuit, inexorable, et fait fi de la volonté des hommes de retenir le temps, les périodes, les moments favorables…Un beau et émouvant poème, plein de nostalgie.
Bonne journée, Sedna
Bonjour Sedna. L’automne est bien là avec ses brumes matinales. Mais, heureusement, il y a “la table sous le grand tilleul qui engrange les rires et bavardages”. Bonne journée
parfois on git au fond du trou