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16 mai 2025
A cloche-pied, l’aube avance ses pions.
D’autres matins reviennent sans surprise,
Prendre dans leurs bras nos exclamations.
Un merle moqueur guette la cerise.
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L’odeur du printemps au jardin mouillé
Érafle les ailes de l’hirondelle.
La pivoine ouvre son cœur enchanté
Il faudra repeindre la balancelle.
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Ce qu’il reste de nuit dérive ailleurs
Dans un ciel tressaillant de conjectures.
Ici, les étoiles brillent sans peur.
Les arbres s’alourdissent de verdure.
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Des buissons de rosées sur le chemin
S’agrippent au levant telle une ombrelle.
Un silence rebondit dans l’écrin
Du nid où dort une petite oiselle.
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Le cabas rempli de coquelicots,
le soleil voyage entre les fontaines
Où s’abreuve encore la chair des mots
Un vent léger ondule sur les plaines.
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Dans le poème que tu as laissé
Et au nu de cette ombre clandestine,
Je t’attends en respirant l’air iodé.
Veux-tu épouser ma rime orpheline.
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5 mai 2025
Ta peau de papier regagne couleur
Le mois de mai intègre son empire.
Quand la pivoine au petit jour soupire,
Un soleil fait le mur avec ferveur.
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Jusqu’aux forêts où le merle vantard
Chante, le ciel joyeux pointe son visage.
Viens, allons courir avec les nuages.
La tiédeur flanque dehors le lézard.
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Au froissé des herbes, un papillon
Caresse le matin avec confiance
Et des pies rompent avec leur jactance.
Le silence ébahi sur le gazon.
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Près du chemin qui glane nos secrets,
Nos pas crissent entre les fleurs sauvages.
Agrippé à l’air porteur de mirages,
Un écho sonne jusqu’aux carrelets.
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Par-dessus ta nuque, j’entends la mer
Le cœur posé sur l’écume des heures.
Un roulis salé devient ma demeure
Et tout décoiffé, il rince l’amer.
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D’autres nuits viendront filer leur coton
Au point du temps, un été apatride
Invite le coquelicot timide.
Des couvées bleues ouvrent leur baluchon.
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27 avril 2025
Bruissant dans le jour, mon cœur contre la tuile
S’éveille doucement sur le clair du matin.
Là-haut, vers le bleuté, des lunes en satin.
Le ciel perd son corset, un nuage défile .
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Mais, tel un serpentin, le soleil se faufile.
Depuis les arbres verts, le temps semble serein.
Sur l’aile de l’oiseau, l’odeur de mon jasmin.
Clin d’œil de la saison, une brise jubile.
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Sonnent dans le matin les douces ritournelles
De nos huppes fasciées, si belles demoiselles.
Et tombe dans l’oubli le frisson du passé.
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Alors, je cours vers nous quand le silence jappe
j’étale tous les mots sur ma coquette nappe.
Claque dans le lointain, la voile de l’été.
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C’est Annie , grande poétesse de la prosodie classique qui m’a donné envie de faire cet exercice
son blog :https://www.verannie.fr/
Le sonnet marotique comporte deux quatrains puis deux tercets d’alexandrins ,
rimés abba abba ccd eed
. C’est la forme que pratiqua Clément Marot, l’un des introducteurs du sonnet en France, d’où le nom de sonnet « marotique ».
7 avril 2025
Des brassées d’heures galopent en vain Sur le dos des vagues en cabotage. L’été semble fiévreux sur le chemin. Seul, le coquelicot n’est pas otage.
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S’inscrit déjà une aube en devenir Par-delà l’horizon qui tend sa chaîne. L’espoir a tellement peur de mourir Qu’il met ses promesses en quarantaine.
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Au nu du silence, un cortège impur Jette au fossé les battements fragiles De la terre et l’ombre devant le mur Ricane avec sa troupe de vigiles.
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Résonne le tocsin dans l’océan. Qui veut bien l’entendre à part la crinière De ce cheval de feu au vieux carcan. Les mots se sont perdus au cimetière.
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Quand les eaux s’usent contre le rocher A entasser les jours et leurs fêlures, Les lèvres gercées, tourne le sablier Mais nos écorces restent écritures.
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Et demain, les mains pleines de ruisseaux Nous irons par le sentier apatride Abreuver la banquise et les oiseaux, Mon rêve lâchera sa chrysalide.
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Poème proposé à Chris pour son défi du mois : “le chant de l’eau ” http://www.poetika17.com/
9 mars 2025
Bruissement d’Autan dans les nuages,
Clair de soleil au bout de l’horizon,
L’océan éparpille sur les plages
Son écume mousseuse en couvaison.
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Vers la dune qui flirte avec le ciel,
Se dressent des parfums de mimosa.
Mars ouvre ses yeux chargés de rimmel,
L’hiver prend le large avec son barda.
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Des oiseaux, sur les cimes en silence
Arpentent la lumière du matin.
Et les iris, vent debout, en urgence
Déballent les pistils de leur écrin.
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Entre les mots, une fleur bohémienne
A fécondé le sol d’espoir nouveau.
Si fragile mais précieuse gardienne
Des roulottes du temps, petit rameau.
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Si le rêve emmailloté de promesses
Accourt au chevet des bois dépeuplés.
Il me faut vite chasser la paresse,
Inventer des rivières de clarté.
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Un vieux frisson crachote dans les flaques,
Puis rebondit sur l’ombre de mon cœur.
Alors, je traverse l’instant opaque
Pour me rapprocher du printemps douceur.
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Dans ton regard, je vois cette rivière
Où les cerfs se sont déjà abreuvés.
Allons jeter les nuits dans la poussière
Respire, l’été est si loin, si près.
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Poème proposé à Chris pour son défi mensuel ” le sacre du printemps”
http://www.poetika17.com/
23 février 2025
Au lit de mon cœur, cette obscurité
Où tu te caches traîne son écharde.
Cavalière du silence obstiné,
J’égrène le temps sur notre rambarde.
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Un nuage effarouché tombe en mer
Là, où sous les algues, le mot gambade.
Combien de digues pour chasser l’hiver.
La plume aimerait être barricade.
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Au détour des vitraux du ciel bleuté,
Dans la mortaise du matin, abonde
Le sable du vide où s’est réfugié
Mon grimoire abîmé qui vagabonde.
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Des débris de lunes, sur le sofa
Gisent, avant de gagner l’autre rive.
Le torse bombé, l’horizon sépia
Compose une nouvelle missive.
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Mais, sur la branche du jour, les oiseaux
Cueillent les heures flétries avec hâte.
Enfin, l’horizon ouvre ses rideaux.
Dehors, une lumière délicate.
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Si l’herbe folle assiège le chemin,
Je vole dans le puits du vent, l’ivresse.
Viens t’allonger sur ce drap de satin.
Les soieries du printemps sont ma richesse.
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20 janvier 2025
Assoupi sous l’arbre gris des nuages,
Un soleil recoud ses draps abîmés.
Pourtant, aux lourdes portes du courage,
L’écho de demain semble ligoté.
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Des sanglots de brume contre les rimes
Proposent au poème leur pochoir.
Même si contre les buissons, d’infimes
Lueurs ouvrent leur modeste tiroir.
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Au chant de la lune ronde, le givre
Riposte, en laissant la terre à l’oubli.
Il faut juste un frisson d’ailes pour suivre
La rivière où suinte l’infini.
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Si le sol écorché, sous mes pas, crisse
Des rêves d’ailleurs cousus aux lacets
Aimeraient bien sortir de la coulisse
Pour s’ouvrir à quelque nouveau projet.
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Je vois ce discret silence en bordure
Du ciel où s’émiette en vain mon soupir.
Des rosées de neige comme un murmure
Inventent des sources pour s’abrutir.
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Comment lâcher les ballons de lumière
Enfanter sur les sommets de l’espoir,
Des petits riens pour ouvrir la volière
Et enfin s’évader hors du boudoir.
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Texte proposé à Chris pour son défi mensuel autour d’envies d’ailleurs
http://www.poetika17.com/
12 janvier 2025
Un poème couché sur la civière
Hésite puis se lève du brancard.
Plusieurs strophes effleurent la poussière.
Quand le verbe flanche dans le brouillard.
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Sur l’oreiller cousu d’ombres, la rime
Aimerait bien un nouveau pansement.
Comment oublier qu’on est pantomime
Pour échapper encore au châtiment.
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Mais, dans les prairies de cendre, s’abreuve
Le temps à la recherche de serments.
Sous la ronce, trouverons nous la preuve
Qui éconduira tristesse et tourments.
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Au froissé du jour, suinte la brèche
Où le sommeil des rêves s’est logé,
Tandis que sur l’horizon, la flammèche
S’époumone à ranimer un été.
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C’est là que j’ai déposé d’autres lignes
Entre le ciel et la mer où l’oiseau
Construit son nid en nous faisant un signe
Las d’attendre un possible renouveau.
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Et, de ton cœur au mien, le discours erre,
Tombe parfois dans les fossés boueux,
Se relève entre les marges de terre
Où nous semons un lexique soyeux.
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Au détour des buissons de porcelaine,
Infusent le jour et son carnaval.
Même si mon écrit a la migraine,
Demain, la muse peuplera l’étal.
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9 novembre 2024
Quand novembre, contre la véranda,
S’endort, semelles usées, bien paisible,
Au ciel, se tisse une toile invisible.
Un hiver apprête ses falbalas.
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Pourtant, le matin tague sur la peau
Des rêves, sa brume encore frivole.
Même si la feuille perd la boussole,
La saison n’a pas rangé son escabeau.
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Sur les branchages, j’ai laissé un mot.
L’oiseau les portera sur son plumage
En conjurant le vent et les nuages,
Satisfait de son délicat ballot.
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Et dans les goulées du temps incertain,
Je viendrai t’inventer un autre monde.
Dans les vieux chemins, la pierre faconde
Nous dira comment fabriquer demain.
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Les ruisseaux déchus au-delà des prés
Oublieront toutes détresses antiques
Pour arroser les forêts anémiques.
La biche y sera en sécurité.
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J’éloignerai l’ombre avec mon crayon.
Sur ton cœur dépouillé de sa lumière,
Je ferai mon nid et dans ta chaumière,
J’allumerai des feux jusqu’aux moissons.
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Quand les pluies couleront sur le carnet,
Un poème infusé à l’eau des roses
Chassera vite les pensées moroses.
Dans le loin, l’aube ouvrira son loquet.
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20 octobre 2024
Quand la terre s’émeut dans son châssis,
Le vent, mains ouvertes vers le ciel gris
Éclabousse les forêts de froidure.
Au bois, hurle le loup sous sa pelure.
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Dans ma caverne où roulent les tisons,
Quelques ombres formées en bataillons
Tricotent des châles pour les nuages.
L’automne tressaille dans les branchages.
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Des buissons de nuit surgissent soudain
Vers les jardins où la menthe et le plantain
Rabotent les heures si meurtrières
En espérant revoir bientôt la lumière.
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Un vol de grives déleste le ciel
Entre pluies et orage torrentiel,
Se dessine la musique sans note
D’un âge qui brade sa camelote.
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Le poids du silence sur le gravier
Se fait déjà lourd en ce temps d’acier.
Du soleil, j’aperçois la silhouette
Au clocher, s’épuise la girouette.
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Pourtant, si ton cœur vient frapper au mien,
Une aube trouvera le magicien
Pour, à la hâte, réchauffer l’attente
Qui se consume dessous ma charpente.
…
Et dans un tourbillon, l’obscurité
Fuira sur la feutrine du passé.
Au profond de l’âtre, des étincelles
Jusqu’au printemps, offriront leurs chandelles.
…
Contre les feuilles répandues au sol
Tes pas crépitent et brisent l’envol
De mes roses aux abois et muettes.
Mais, c’est là que je suis, sous la couette.
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