Catégorie : Page d’accueil
6 octobre 2024
Sous le lierre de l’oubli, la saison
Reprise ses blouses et ses corsages.
L’automne retient sa respiration
Car bientôt, l’été sera au chômage.
…
L’orage a rougi les toits abîmés.
Des forêts infusent dans les nuages.
Au lointain, l’horizon semble apaisé,
Sa litière se couvre d’autres pages.
…
S’éloignant vers le chemin de la nuit,
La lumière est debout dans son carrosse.
Au chevet du temps qui s’endort sans bruit,
Se moque la lune ronde et si grosse.
…
Juste ce parfum de menthe au jardin
Caressant l’heure au milieu de l’attente.
Les asters repliés dans leur écrin
Apprécient encore calme et farniente.
…
Un silence déterre ses boulets
Comme un dernier répit sur la bruine
D’un poème s’accrochant aux volets
Déjà fermés sur les mots en ruine.
…
Mais, partout où je cherche la lueur,
S’écartent des buissons d’ombre marine.
Où que glisse ta vague sur mon cœur,
J’apprivoise ta houle clandestine.
…
Pour fuir avec la dernière moisson,
J’invente sel et eau dans notre malle.
Si le vent a tant d’imagination,
Plusieurs feuilles mortes jonchent la dalle.
…
Sans perdre la face de leurs secrets,
Les étoiles sont en conciliabule.
Un pays d’ombres ouvre ses signets,
Cendres blondes de l’instant, crépuscule.
…
27 septembre 2024
Dans la forêt complice, s’impatiente
L’oiseau, toujours gourmand d’herbe et de fruits.
Sur les bris de feuilles rouillées, l’attente
Revient frapper aux fenêtres du bruit.
…
Sous la mousse des nuages, les heures
Affamées forment un joyeux troupeau.
Le levant s’annonce au seuil des demeures,
Un matin neuf agite son plumeau.
…
Et, jusqu’à l’ultime lanterne où niche
Le grain de lumière, sur le chemin
De caillou en caillou avec la biche,
Je m’invite pour un autre festin.
…
C’est pourtant un automne qui dirige
Le vent dans les rosées de mon jardin.
Alors, faut-il cacher sous la volige
Les anciens trésors d’un été chafouin.
…
J’ai au cœur assez de secrètes plages,
Pour laisser le froid et l’obscurité
Au bruissement d’un silence en rage.
Je t’espère sur le sable esseulé.
…
A tes branches d’étoiles, je m’accroche
Quand le ciel là-haut étale son vœu.
Je sors nos beaux souvenirs de ma poche.
Des bouquets d’aube s’ouvrent sur le bleu.
…
15 septembre 2024
Si le dernier coquelicot parade,
Le vent craque le feuillage endormi.
Ça sent l’herbe jusqu’à cette rambarde
Où bourdonnent les voix de l’infini.
…
Les murmures d’absents dans ma rétine
Suintent tels des sanglots d’océans.
Mais l’âge fait le mur sur la patine
Du miroir au tain meurtri par les ans.
…
Et l’eau du temps coule dans la gouttière
Où la rouille hors d’elle occupait les lieux.
Déjà, l’orage enlace la crinière
Des roses désarmées au jardin vieux.
…
Les ombres, sous le buvard des fêlures
Retournent à la terre, leur écrin.
Des hordes de pluie battent la mesure.
Quelques gouttes s’arrêtent sur ma main.
…
Sur le fil, rassemblées, les hirondelles
Préparent leur vol vers d’autres étés.
Plus de vacarme près des balancelles,
Offrant les rires d’enfants au passé.
…
Voici l’automne qui tourne la page.
Un nuage en papier ouvre le bal.
Les guerriers se préparent à l’étage,
Des souvenances glissent sur l’étal.
…
Combien de soupirs dans le sac des lunes
Avons nous cachés pour fuir l’horizon.
L’heure grignote le ventre des dunes,
Je t’attends dans le pas de la saison.
…
12 septembre 2024
Sur l’horizon, s’entassent les bagages
De cet été, éternel baroudeur.
Une ombre s’agite dans les parages
Et chuchote dans les jardins du cœur.
…
A la porte des forêts, les grands arbres
Rêvent encore au chant des oiseaux.
Même si le hibou reste de marbre,
Dans le ciel gris, tournoient plusieurs corbeaux.
…
La bise revendique la poussière,
Quand la vigne colporte ses rumeurs.
Des flaques d’herbes jaunies en prière
Rapiècent leur étoffe avec douleur.
…
Les eaux de l’aube détrempent la pierre
Alors que je l’effleure de ma main.
Des racines au feuillage du lierre,
Le temps porte son fardeau clandestin.
…
Mais derrière les heures vieillissantes,
je tisse sans relâche le cocon
Où des restes de lueurs chancelantes
Habilleront de gaieté la saison.
…
Dans ma bouche, un silence s’abandonne
Les première rosées mouillent tes yeux
Sur mon écorce de brume, résonne
Le carillon du ciel et de ses feux.
…
29 août 2024
Si un frisson retrousse le corsage
Du matin, le vent farde la saison
Avec ses ailes chargées de nuages.
Dans mon sac, un sanglot à l’abandon.
…
Sur les bras du temps, les aubes lointaines
Assaillent le verbiage des oiseaux.
Mais, à cette heure, je suis à la traîne.
Le jour promène mon âme en lambeaux.
…
Alors, je traverse l’écho des cimes.
Éveillé sur la lande de demain,
Des couvées de mots naissent des abîmes
Où j’avais négligé l’ombre sans fin.
…
Il y a ce chemin flanqué d’absence,
Là, des étoiles bavardent tout bas.
Es-tu ici dans ce cosmos immense
Où suinte l’espoir, j’entends ton pas.
…
Au vent des soleils, j’éclaire la page
De l’horizon où des statues de sel
Papotent avant de fermer la cage
Où vit un souvenir intemporel.
…
Et s’effondre la colline aux cigales
A ne plus s’extasier de tes écrits.
Un brûlot de textes fuit les glaciales
Lunes où se cristallisent tes nuits.
…
Où que tu sois, l’oubli n’a pas de prise.
Ta lumière occupe chaque couloir
Menant au bleu du ciel qui hypnotise
Le cœur en exode vers ton dortoir.
…
En hommage à tous ceux qui nous manquent et à Bruno Bourdiol, ami d’écriture qui nous a quittés lors de l’été 2018. Son blog s’appelait la colline aux cigales, d’où la référence dans mon texte.
Sa lumière toujours présente au cœur..
Navigation des articles