Solitude

Dans la forêt où l’arbre dépouillé

Accueille le silence qui crachote,

Je marche dans un corridor rouillé

Par l’automne quittant sa redingote.

Au lit du vent, mes rêves éperdus

Se serrent dans de grises couvertures.

Oubliés dans l’ombre, d’anciens rébus

Tuent le temps en cherchant une ouverture.

Ma cape d’amertume sur la peau

Ne suffit pas à réchauffer l’haleine

De mes souvenirs dont le vieux troupeau

Occupe le grand désert de ma peine.

Pourtant, le brouillard sème son ennui

Sur mon cœur triste et festonné de larmes.

L’oiseau s’envole du feuillus vieilli

J’accroche mon regard à son alarme.

J’ai congédié l’attente hors du chemin

Mais si elle tente encore sa chance,

Des cloches éternuent dans le lointain

Comme si elles ruminaient vengeance.

Et, dans l’embrasure du ciel frisson

Un astre invite dans l’infinitude

L’absence transpirant sous l’édredon

De mon vaste pays de solitude.

Poème proposé à Chris pour son défi mensuel : au pays de la solitude

http://www.poetika17.com/

19 comments on “Solitude

  1. C’est beau. J’aime. Défi superbement relevé.

  2. Minik do dit :

    Encore un très beau poème d’automne;
    Bon dimanche Sedna

  3. Yvette dit :

    bonjour mon amie je te souhaite un bon weed-end pour nous on attend le fils demain donc que du bonheur je t’embrasse YVETTE

  4. Marieluce dit :

    Ta “solitude” est remplie d’émotions ! 💓

  5. Tu sais si bien décrire l’automne … Novembre souvent “mois de rien” devient beau sous ta plume.

  6. Hayat dit :

    J’aime beaucoup ce poème si imagé et particulièrement les deux dernières strophes. Avoir ”congédié l’attente”… Une belle résonance de mes propres pensées. Faire et vivre autrement, au-delà toute attente…

  7. fifi dit :

    J’aime beaucoup ce poème et sa tristesse automnale où résonne une solitude.
    J’ai pris plaisir à lire à voix haute et lentement ♥♥
    Bonne semaine, Sedna !

  8. DANIEL dit :

    Avec novembre un sentiment de solitude et de mélancolie m’envahit. Je rentre dans ma coquille jusqu’au printemps.

  9. broutilleb dit :

    lire ou relire ” Les essais ” de Montaigne; la solitude permet de se connaître et de s’aimer même sans les autres

  10. Yvette dit :

    BONJOUR MON AMIE Bien jolis tous ces mots mis en poésie pour notre plaisir je t’embrasse YVETTE

  11. nikelle dit :

    Très jolie poésie sur ce mois de novembre sombre ou les couleurs sont disparues et ou la solitude pèse.
    Bonne semaine!

  12. Bonjour Sedna. Joli poème mélancolique sur la solitude et l’automne

  13. Cathie Flore dit :

    Mélancolie profonde et connexion, comme toujours, avec la nature. Des métaphores puissantes comme l’arbre dépouillé et le brouillard qui sème son ennui. C’est un voyage intérieur à travers des souvenirs et des rêves perdus. L’isolement et la recherche d’évasion, d’ouverture, semblent prégnants..

  14. annie dit :

    Bonsoir Sedna,
    La solitude a deux aspects : c’est un besoin de calme et de paix, ce peut être aussi une souffrance !
    Merci et bravo pour tes mots magiques !
    Amitiés.
    Annie

  15. Marie dit :

    Très beau travail poétique Sedna, j’aime beaucoup. Je ne participe jamais à des défis sur les sites mais quand un passe à travers mes contacts, j’ai plaisir à voir ce que mes amies en ont fait.

  16. Marie Minoza dit :

    Solitude
    dans les sentiers rouillés de l’automne
    où les rives s’éparpillent
    Solitude
    ancrée dans les vieux souvenirs
    qui s’enveloppent dans les cotonnades du brouillard
    Solitude
    quand le ciel
    ouvre ses fenêtres
    sur l’absence et le vide
    ***
    un très beau texte plein d’émotions

  17. La saison des beaux jours marche jour après jour vers son extinction. Arbres dépouillés, vent glacial, souvenirs perdus dans le brouillard, oiseaux en partance, pénible solitude, vaine espérance…Un poème tourmenté, douloureux, très réussi, qui évoque avec beaucoup d’émotion, les célèbres “sanglots longs des violons de l’automne”
    Bonne semaine, Sedna

  18. thé ache dit :

    le gris des brumes et les feuilles rouillées saluent dans le jour évanescent des regards qui se retournent vers les intérieurs , l’oiseau enfermé dans les ramures salue le ciel qui se referme tandis que les ciels balafrés nous invitent au repos et au songes…

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