Auteur/autrice : Cassiopee
14 juillet 2025
A l’oblique des forêts de soleil,
S’efface le pas hésitant des dunes.
Il est tard sur notre page et pareil
Au silence, un jour s’enfuit sous les lunes.
…
Des oiseaux d’ombre chuchotent au vent.
Parfois, leur feulement d’ailes affleure
L’océan gris toujours en mouvement.
Un chant ancien dans la vague demeure.
…
Et sur le chemin menant à la nuit,
Le solstice de cet été allume
Des souvenirs oubliés dans le bruit.
Mon regard se vêt de copeaux de brume.
…
A la lisière du noir, la clameur
Des étoiles se répand sur la terre.
Ça fourmille tant au profond du cœur
Que le sommeil se cache sous la pierre.
…
C’est là que je t’attends, près du rocher
Où notre phare réchauffe la houle.
Alors, sonne en moi ce dernier baiser.
Un glacis d’heures sur ma peau s’enroule.
…
Bientôt renaîtra l’aurore satin.
Je rentrerai des falaises obscures,
Un rêve cousu à mon baldaquin
Pour affronter le temps et ses fêlures.
…
Il restera les mélopées de l’eau
Au revers des ruelles des pendules.
Juste ne pas refermer le rideau,
Au seuil du matin, tu es libellule.
…
1 juillet 2025
Le temps lâche son fardeau sur le banc
Patiné par l’humeur du ciel si blanc.
Oubliant les saignées d’ombres fragiles,
Il se baigne dans les rosées fertiles.
…
Seul le vent assoiffé dans son sillon
Cligne des paupières contre un rayon
De soleil libéré de la fourrière
Où la nuit avait coincé sa crinière.
…
Si le jour admet perdre son toupet
En se calfeutrant derrière un volet,
Au loin, le chemin festonné d’ombelles
Invente cette saison aquarelle.
…
La houle marine, sous l’horizon
Déroule ses vagues jusqu’au ponton.
Au clair du végétal, l’odeur saline
Répand son fumet jusqu’à ma glycine.
…
Au bord du fossé, tremble le soupir
Du coquelicot qui ne peut mourir.
Mon cœur de bleuet ouvre son corsage,
Je t’offre ses murmures en partage.
…
Si, au porte-manteau, j’ai accroché
Un alphabet tout neuf qui sent l’été,
C’est pour mieux faire éclore la lumière
Au creux du silence et de l’ornière.
…
Allons cueillir de jolies fleurs des prés
Pour en faire ce bouquet amarré
Aux lèvres de juillet plein de promesses
Nous serons les gardiens de son ivresse.
…
Texte proposé à Chris pour son défi du mois “les couleurs de l’été” : http://www.poetika17.com/
22 juin 2025
Au couchant, conversent deux coquillages.
La mer insaisissable, sous mon pas
Couvre de son écume le rivage
Où le crépuscule ferme ses bras.
…
Au-delà des rochers où le silence
Incorrigible s’accroche aux roseaux,
Le soir hâlé façonne la crédence
Des heures moulues sur leurs escabeaux.
…
Il y a ce bruissement chamane
Caressant le porche de l’horizon,
Quand, sur son récif, le soleil se fane.
En laisse de mer, l’odeur des moissons.
…
Sur l’oreiller de ton cœur, je me couche
Et quitte la route des sables verts.
La chanson de cet été sur la souche
Des saisons devient un charmant dessert.
…
La vague folle dans nos draps de brise
Froisse nos rêves de coquelicots.
Au bout du jour l’obscurité révise
Sa notice et plante son javelot.
…
Et sur le flanc des poèmes dentelle,
La nuit caresse nos ailes d’oiseau.
Si un baiser s’éloigne vers l’ombrelle
Des marées, demeure notre château.
…
15 juin 2025
L’épaule découverte, la saison
Cherche dans l’armoire sa capeline.
Un soleil sort du plumier son crayon
Pour effacer le gris de ma rétine.
…
Le ciel délivre son bleu délavé
Sur la flaque d’ombre jadis hautaine.
Déjà, le matin soupire, essoré.
Contre la pierre, un silence se traîne.
…
Jusqu’aux voix de la mer, glisse le vent
Qui dénude l’ajonc de la falaise.
A contre-courant, l’oiseau impatient
Porte sur ses ailes, l’été de braise.
…
Si l’angélus s’enivre du jasmin,
Un coquelicot, les pieds nus, enfile
Son corsage tacheté de carmin.
Aux champs, la mémoire du blé rempile.
…
Et, l’azur tend son hamac sur mon cœur
Quand ton regard érafle mon écorce.
Un long murmure colle sa sueur
Dans les bois où la chaleur se renforce.
…
L’aube prochaine, j’irai à tâtons
Accrocher jusqu’à tes bras de fougère,
Des prairies d’eau et de clairs horizons
Où nos secrets rejoindront la lumière.
….
4 juin 2025
Je suis l’aube en dormance sur le marbre.
Au-dessus des buissons gris, les potins
D’un vent trop grassouillet ourlent chaque arbre
Où les rêveries déboulent enfin.
…
J’ouvre le ciel aux nuages turquoise
Qui se désaltèrent dans le ruisseau
De la nuit mauve où les ombres chinoises
Ont sculpté le temps avec leur marteau.
…
Au nu de l’attente, mon écriture
Marque la route avec la volonté
De faire pousser des fleurs en bordure
Là, où couve ce printemps désiré.
…
Et jusqu’aux lunes où un chant s’élève,
Au mutant des vieux soleils endormis,
Une espérance ballote sa sève
Pour enfin renaître sur l’infini.
…
Sur le rebord de tes pensées, j’accroche
Des draperies de brume et au point du jour
L’heure impatiente vient sonner la cloche
Pour que nos voix s’échappent de ta tour.
…
Pose ton cœur sur l’intime de la roche
Où l’écume aère son grand rideau.
Et, regarde là au fond de ma poche
Cette lumière boiteuse en lambeaux
…
Au fond du silence où le regard doute
Un carnaval de mots ouvre le bal.
Dans la clairière de nos mains, la route
S’élargit, et tourbillonne un fanal.
…
25 mai 2025
Tes poèmes contre les miens
Étanchent la soif des fontaines.
Naissent des verbes bohémiens
Au diable les folles rengaines!
…
Et, plus loin que nos quotidiens
Des alphabets plantent leurs graines.
Voici de joyeux magiciens,
Congédions enfin les mitaines !
…
Laissons aux frontons cartésiens
S’envoler les vieilles fredaines.
En chapardant nos vieilles laines.
Le printemps sourit aux terriens.
Allons cueillir ces petits riens !
…
Ce poème est écrit sous forme d’un rondel : poème construit sur deux rimes et comportant un refrain sur le dernier vers de chaque strophe. Il est composé le plus souvent de treize vers octosyllabiques répartis en trois strophes.
C’est Annie https://www.verannie.fr/ qui avec une des publications m’a donné l’envie de faire cet exercice.
16 mai 2025
A cloche-pied, l’aube avance ses pions.
D’autres matins reviennent sans surprise,
Prendre dans leurs bras nos exclamations.
Un merle moqueur guette la cerise.
…
L’odeur du printemps au jardin mouillé
Érafle les ailes de l’hirondelle.
La pivoine ouvre son cœur enchanté
Il faudra repeindre la balancelle.
…
Ce qu’il reste de nuit dérive ailleurs
Dans un ciel tressaillant de conjectures.
Ici, les étoiles brillent sans peur.
Les arbres s’alourdissent de verdure.
…
Des buissons de rosées sur le chemin
S’agrippent au levant telle une ombrelle.
Un silence rebondit dans l’écrin
Du nid où dort une petite oiselle.
…
Le cabas rempli de coquelicots,
le soleil voyage entre les fontaines
Où s’abreuve encore la chair des mots
Un vent léger ondule sur les plaines.
…
Dans le poème que tu as laissé
Et au nu de cette ombre clandestine,
Je t’attends en respirant l’air iodé.
Veux-tu épouser ma rime orpheline.
…
5 mai 2025
Ta peau de papier regagne couleur
Le mois de mai intègre son empire.
Quand la pivoine au petit jour soupire,
Un soleil fait le mur avec ferveur.
…
Jusqu’aux forêts où le merle vantard
Chante, le ciel joyeux pointe son visage.
Viens, allons courir avec les nuages.
La tiédeur flanque dehors le lézard.
…
Au froissé des herbes, un papillon
Caresse le matin avec confiance
Et des pies rompent avec leur jactance.
Le silence ébahi sur le gazon.
…
Près du chemin qui glane nos secrets,
Nos pas crissent entre les fleurs sauvages.
Agrippé à l’air porteur de mirages,
Un écho sonne jusqu’aux carrelets.
…
Par-dessus ta nuque, j’entends la mer
Le cœur posé sur l’écume des heures.
Un roulis salé devient ma demeure
Et tout décoiffé, il rince l’amer.
…
D’autres nuits viendront filer leur coton
Au point du temps, un été apatride
Invite le coquelicot timide.
Des couvées bleues ouvrent leur baluchon.
…
27 avril 2025
Bruissant dans le jour, mon cœur contre la tuile
S’éveille doucement sur le clair du matin.
Là-haut, vers le bleuté, des lunes en satin.
Le ciel perd son corset, un nuage défile .
…
Mais, tel un serpentin, le soleil se faufile.
Depuis les arbres verts, le temps semble serein.
Sur l’aile de l’oiseau, l’odeur de mon jasmin.
Clin d’œil de la saison, une brise jubile.
…
Sonnent dans le matin les douces ritournelles
De nos huppes fasciées, si belles demoiselles.
Et tombe dans l’oubli le frisson du passé.
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Alors, je cours vers nous quand le silence jappe
j’étale tous les mots sur ma coquette nappe.
Claque dans le lointain, la voile de l’été.
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C’est Annie , grande poétesse de la prosodie classique qui m’a donné envie de faire cet exercice
son blog :https://www.verannie.fr/
Le sonnet marotique comporte deux quatrains puis deux tercets d’alexandrins ,
rimés abba abba ccd eed
. C’est la forme que pratiqua Clément Marot, l’un des introducteurs du sonnet en France, d’où le nom de sonnet « marotique ».
18 avril 2025
Au ciel, les nuages quittent le gris.
Une étoile traîne dans son cartable
Ses discours qui ont servi d’alibis
Au silence parfois impénétrable.
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Dans l’herbe folle, les merles frondeurs
Piquent avec leur bec jusqu’aux racines,
Se servent goulûment, gentils flambeurs
En délaissant églantiers et épines.
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Si dans les hautes brumes de la saison,
L’horizon s’empourpre avec impatience,
S’ouvre la porte d’un écrit brouillon
Où s’entrelacent des fils d’imprudence.
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Et sous l’arbre des aubes, je t’écris
Ce poème, les doigts pleins d’encre nouvelle.
Un coquelicot sort de l’appentis
Et déballe du fatras, son ombrelle.
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Là, au bord du cœur, chargé de soleil
Rugissent les mots comme un feu de paille.
Les majuscules du temps en sommeil
Sonnent le rappel pour faire ripaille.
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Prenons la main de ce jour vagabond
Viens t’asseoir sur les parois de lumières.
Tu vois combien l’hiver est moribond.
Même les cailloux sourient aux cardères.
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