Auteur/autrice : Cassiopee
10 août 2025
Si la porte du ciel se vêt d’écume,
Aux heures sauvages de notre été,
Je viens chaparder des brasiers de plumes
Pour que le boudoir des jours soit meublé.
…
Sur le chemin sableux, nos pas de lune
Quittent la chambre de l’aube sans bruit.
La houle au rendez-vous près de la dune
Éteint déjà les cendres de la nuit.
…
Viens, délaissons les étoiles filantes.
Il ne reste que le silence dru
Qui s’impose sur l’aile rougissante
Du matin où l’espoir est attendu.
…
A la fenêtre, l’écharpe saline
De l’océan envahit l’horizon.
Les heures offrent leur odeur marine.
Aux marches du temps, la mer est frisson.
…
Près de l’estran, s’invite cette rime.
C’est là que s’arrêtent nos pas gonflés
Des refrains du vent, illusion ultime
Pour que vivent nos rêves affamés.
..
En lisière de demain, les étreintes
De l’encre réclament d’autres lueurs.
Le bleu affiche ses pages repeintes
Le sais-tu, tu es toujours mon ailleurs.
…
3 août 2025
Un nuage détricote sa tresse
Sur le bras de l’océan apaisé,
Lorsqu’une vague comble la paresse
Du matin entortillé vers l’été.
…
A l’heure où mon pas croise la poussière,
Le jour s’embrase contre le rocher.
Un verbe roule jusqu’à ta paupière
Où l’ombre de la nuit vient se briser.
…
Alors, le soleil s’accouple au cantique
Des grands oiseaux bravant sur les hauteurs
Les orbes d’un silence pathétique.
Au seuil du ciel, le temps devient charmeur.
…
Loin, un écho rapporte le murmure
Des amours abandonnées au couchant.
Sous la pinède, un secret fend l’armure
Le baiser du large devient mon chant.
…
Si parfois, je glisse dans le malaise,
Mon âme n’a plus peur de l’infini.
J’ai emmuré ton cœur à ma falaise.
Les mots volent jusqu’aux toits de midi.
…
Au froissé du vent, l’espoir s’impatiente
Quand les mirages fuient sur l’horizon.
Sous la charmille, se cache l’attente.
Mais, au soir, je serai ta Cendrillon.
…
27 juillet 2025
Je cache au cœur un peu d’enfance,
Mille souvenirs au bras du destin.
Virevolte sans cesse la fragrance
Des saisons délaissées sur mon chemin.
…
Le temps, entre les tisons des orages
Ride mon écorce jusqu’à l’aubier.
Si vivante quand j’écris aux nuages
Alors que se rétrécit le sentier.
…
Quand bien même les marées successives
Lavent mes pas sur le sable mouillé,
Il reste tant de terres inconquises
Tout autour de mon poème esseulé.
…
Au diable, L’espoir criant sa promesse,
Je n’écoute que le chant de l’oiseau.
Le jour accueille l’aube, sa maîtresse
Quand le matin m’interroge à nouveau.
…
Je m’émeus devant la rose éphémère,
Le froufrou des blés contre mon tympan.
Je suis flocon de neige et la rivière
Qui emporte chaque secret d’antan.
…
Je console avec la chaleur des rimes
Les mots qui bordent le silence amer.
Si les digues cèdent dans les abîmes,
Le parfum de l’été chasse l’hiver.
…
Avec mon panier rempli de blessures,
Je rejoins l’harfang tout en haut des vents,
Cependant, bien droite dans sa posture,
La nuit glisse dans un bruissement.
…
20 juillet 2025
Certains soirs d’été, le temps amaigri
Abandonne au ras des flots, son corsage.
Le sommeil débarque du jour rougi
En pressant le pas sur l’autre rivage.
…
Au ciel trop grand, s’embrase la crinière
Des étoiles assoupies sur leur lit,
Mais les lampions clignent de la paupière
Si fort qu’un rêve céleste s’enfuit.
…
Je marche jusqu’aux portes du silence
Qui enlace nos cœurs coquelicot.
Il me faut franchir cette stèle immense
Où semble vivre l’espoir bien pâlot.
…
Là, entre la pierre et l’autel de marbre,
Quelques chardons égratignent ma peau.
Des oiseaux de nuit, sous l’épais de l’arbre
Écoutent le murmure du roseau.
…
Je ramasse une aurore sur ta route
Qui tricote sans peur nos lendemains.
Jusqu’au soupir des lunes, sous leur voûte,
J’accueille chaque secret dans mes mains.
…
Entends tu sourdre les mots des fontaines
Où s’abreuvent les rosées du matin.
L’avenir se cache dans les futaines.
Impatient, il court après ses sequins.
…
Le vent chevillé à l’âme sauvage
Des alphabets, rejoint notre horizon.
Un baiser de sel descend du nuage
C’est là que je bâtis notre maison.
…
14 juillet 2025
A l’oblique des forêts de soleil,
S’efface le pas hésitant des dunes.
Il est tard sur notre page et pareil
Au silence, un jour s’enfuit sous les lunes.
…
Des oiseaux d’ombre chuchotent au vent.
Parfois, leur feulement d’ailes affleure
L’océan gris toujours en mouvement.
Un chant ancien dans la vague demeure.
…
Et sur le chemin menant à la nuit,
Le solstice de cet été allume
Des souvenirs oubliés dans le bruit.
Mon regard se vêt de copeaux de brume.
…
A la lisière du noir, la clameur
Des étoiles se répand sur la terre.
Ça fourmille tant au profond du cœur
Que le sommeil se cache sous la pierre.
…
C’est là que je t’attends, près du rocher
Où notre phare réchauffe la houle.
Alors, sonne en moi ce dernier baiser.
Un glacis d’heures sur ma peau s’enroule.
…
Bientôt renaîtra l’aurore satin.
Je rentrerai des falaises obscures,
Un rêve cousu à mon baldaquin
Pour affronter le temps et ses fêlures.
…
Il restera les mélopées de l’eau
Au revers des ruelles des pendules.
Juste ne pas refermer le rideau,
Au seuil du matin, tu es libellule.
…
1 juillet 2025
Le temps lâche son fardeau sur le banc
Patiné par l’humeur du ciel si blanc.
Oubliant les saignées d’ombres fragiles,
Il se baigne dans les rosées fertiles.
…
Seul le vent assoiffé dans son sillon
Cligne des paupières contre un rayon
De soleil libéré de la fourrière
Où la nuit avait coincé sa crinière.
…
Si le jour admet perdre son toupet
En se calfeutrant derrière un volet,
Au loin, le chemin festonné d’ombelles
Invente cette saison aquarelle.
…
La houle marine, sous l’horizon
Déroule ses vagues jusqu’au ponton.
Au clair du végétal, l’odeur saline
Répand son fumet jusqu’à ma glycine.
…
Au bord du fossé, tremble le soupir
Du coquelicot qui ne peut mourir.
Mon cœur de bleuet ouvre son corsage,
Je t’offre ses murmures en partage.
…
Si, au porte-manteau, j’ai accroché
Un alphabet tout neuf qui sent l’été,
C’est pour mieux faire éclore la lumière
Au creux du silence et de l’ornière.
…
Allons cueillir de jolies fleurs des prés
Pour en faire ce bouquet amarré
Aux lèvres de juillet plein de promesses
Nous serons les gardiens de son ivresse.
…
Texte proposé à Chris pour son défi du mois “les couleurs de l’été” : http://www.poetika17.com/
22 juin 2025
Au couchant, conversent deux coquillages.
La mer insaisissable, sous mon pas
Couvre de son écume le rivage
Où le crépuscule ferme ses bras.
…
Au-delà des rochers où le silence
Incorrigible s’accroche aux roseaux,
Le soir hâlé façonne la crédence
Des heures moulues sur leurs escabeaux.
…
Il y a ce bruissement chamane
Caressant le porche de l’horizon,
Quand, sur son récif, le soleil se fane.
En laisse de mer, l’odeur des moissons.
…
Sur l’oreiller de ton cœur, je me couche
Et quitte la route des sables verts.
La chanson de cet été sur la souche
Des saisons devient un charmant dessert.
…
La vague folle dans nos draps de brise
Froisse nos rêves de coquelicots.
Au bout du jour l’obscurité révise
Sa notice et plante son javelot.
…
Et sur le flanc des poèmes dentelle,
La nuit caresse nos ailes d’oiseau.
Si un baiser s’éloigne vers l’ombrelle
Des marées, demeure notre château.
…
15 juin 2025
L’épaule découverte, la saison
Cherche dans l’armoire sa capeline.
Un soleil sort du plumier son crayon
Pour effacer le gris de ma rétine.
…
Le ciel délivre son bleu délavé
Sur la flaque d’ombre jadis hautaine.
Déjà, le matin soupire, essoré.
Contre la pierre, un silence se traîne.
…
Jusqu’aux voix de la mer, glisse le vent
Qui dénude l’ajonc de la falaise.
A contre-courant, l’oiseau impatient
Porte sur ses ailes, l’été de braise.
…
Si l’angélus s’enivre du jasmin,
Un coquelicot, les pieds nus, enfile
Son corsage tacheté de carmin.
Aux champs, la mémoire du blé rempile.
…
Et, l’azur tend son hamac sur mon cœur
Quand ton regard érafle mon écorce.
Un long murmure colle sa sueur
Dans les bois où la chaleur se renforce.
…
L’aube prochaine, j’irai à tâtons
Accrocher jusqu’à tes bras de fougère,
Des prairies d’eau et de clairs horizons
Où nos secrets rejoindront la lumière.
….
4 juin 2025
Je suis l’aube en dormance sur le marbre.
Au-dessus des buissons gris, les potins
D’un vent trop grassouillet ourlent chaque arbre
Où les rêveries déboulent enfin.
…
J’ouvre le ciel aux nuages turquoise
Qui se désaltèrent dans le ruisseau
De la nuit mauve où les ombres chinoises
Ont sculpté le temps avec leur marteau.
…
Au nu de l’attente, mon écriture
Marque la route avec la volonté
De faire pousser des fleurs en bordure
Là, où couve ce printemps désiré.
…
Et jusqu’aux lunes où un chant s’élève,
Au mutant des vieux soleils endormis,
Une espérance ballote sa sève
Pour enfin renaître sur l’infini.
…
Sur le rebord de tes pensées, j’accroche
Des draperies de brume et au point du jour
L’heure impatiente vient sonner la cloche
Pour que nos voix s’échappent de ta tour.
…
Pose ton cœur sur l’intime de la roche
Où l’écume aère son grand rideau.
Et, regarde là au fond de ma poche
Cette lumière boiteuse en lambeaux
…
Au fond du silence où le regard doute
Un carnaval de mots ouvre le bal.
Dans la clairière de nos mains, la route
S’élargit, et tourbillonne un fanal.
…
25 mai 2025
Tes poèmes contre les miens
Étanchent la soif des fontaines.
Naissent des verbes bohémiens
Au diable les folles rengaines!
…
Et, plus loin que nos quotidiens
Des alphabets plantent leurs graines.
Voici de joyeux magiciens,
Congédions enfin les mitaines !
…
Laissons aux frontons cartésiens
S’envoler les vieilles fredaines.
En chapardant nos vieilles laines.
Le printemps sourit aux terriens.
Allons cueillir ces petits riens !
…
Ce poème est écrit sous forme d’un rondel : poème construit sur deux rimes et comportant un refrain sur le dernier vers de chaque strophe. Il est composé le plus souvent de treize vers octosyllabiques répartis en trois strophes.
C’est Annie https://www.verannie.fr/ qui avec une des publications m’a donné l’envie de faire cet exercice.
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