Auteur/autrice : Cassiopee
7 avril 2025
Des brassées d’heures galopent en vain Sur le dos des vagues en cabotage. L’été semble fiévreux sur le chemin. Seul, le coquelicot n’est pas otage.
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S’inscrit déjà une aube en devenir Par-delà l’horizon qui tend sa chaîne. L’espoir a tellement peur de mourir Qu’il met ses promesses en quarantaine.
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Au nu du silence, un cortège impur Jette au fossé les battements fragiles De la terre et l’ombre devant le mur Ricane avec sa troupe de vigiles.
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Résonne le tocsin dans l’océan. Qui veut bien l’entendre à part la crinière De ce cheval de feu au vieux carcan. Les mots se sont perdus au cimetière.
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Quand les eaux s’usent contre le rocher A entasser les jours et leurs fêlures, Les lèvres gercées, tourne le sablier Mais nos écorces restent écritures.
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Et demain, les mains pleines de ruisseaux Nous irons par le sentier apatride Abreuver la banquise et les oiseaux, Mon rêve lâchera sa chrysalide.
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Poème proposé à Chris pour son défi du mois : “le chant de l’eau ” http://www.poetika17.com/
30 mars 2025
Quand l’aube funambule se redresse
Avec un fardeau de mots sous le bras,
Je cherche les bourgeons dans le fatras
Des chants d’oiseaux rassemblés en kermesse.
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Pourtant, il y a ce nœud de morsure
Sous l’écorce où l’encrier refroidit.
Un brin d’hiver, au nu du vent, sans bruit
Pique encore au cœur la jeune ramure.
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Mais, dans mes veines, où l’herbe sauvage
Trotte pour rejoindre notre horizon,
Le printemps s’échappe de sa prison
Et s’abreuve aux pluies calmes du nuage.
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Viens avec moi vers la mer insoumise,
Jusqu’à cette vague absorbant ma peau.
Un soleil gonflé d’espoir sort de l’eau.
Je vais ranger la nuit dans sa remise.
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Au nid de l’attente, le jour pavoise.
Galope un orage vers nos lointains
Mystères écrits au sel des chagrins.
Nous sommes deux que le temps apprivoise.
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Et, sur la plage où danse la poussière,
Mon poème ôte son rouge jupon.
Au diable, demain et sa partition,
J’égare mes rimes dans ta lumière.
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17 mars 2025
J’ai emprunté chaque chemin sonore
Où le merle gazouille à l’infini.
J’ai parcouru toutes les métaphores
Qui veulent soulever l’inabouti.
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J’ai bu l’eau des fontaines de l’aurore.
Qui éclairent ce qui peut être moi,
Alors, des mots ont jailli de l’amphore
Refrain matinal annonçant l’envoi*.
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Et, les nuits ont laissé leur carapace
Dans le jour où s’abreuve l’encrier.
Ma plume a bu l’eau, cette dédicace
Qui pique la froidure de l’acier.
…
J’ai aperçu dans la peau des nuages
Un vieux foulard camouflant la douleur.
Le silence a couru vers d’autres pages
Des mots nouveaux se font ambassadeur.
…
A pas traînant, des fantômes sans grâce
S’échappent et laissent sur l’horizon
Leurs masques déformés par la grimace.
Dans le ravin, tombe la dépression.
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Cousues au giclées de soleil, les heures
Fleurissent entre menthe et romarin.
Car, sur l’aubier du printemps, les demeures
Des oiseaux forment un si bel écrin.
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Si les rameaux s’agitent sur leur hampe,
Je respire les rosées de ton cœur.
Quelques taches d’encre sur la rampe
Des verbes égarés, je deviens fleur.
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Nota: Envoi: utilisé ici comme notion poétique: l’envoi termine notamment les ballades.
9 mars 2025
Bruissement d’Autan dans les nuages,
Clair de soleil au bout de l’horizon,
L’océan éparpille sur les plages
Son écume mousseuse en couvaison.
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Vers la dune qui flirte avec le ciel,
Se dressent des parfums de mimosa.
Mars ouvre ses yeux chargés de rimmel,
L’hiver prend le large avec son barda.
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Des oiseaux, sur les cimes en silence
Arpentent la lumière du matin.
Et les iris, vent debout, en urgence
Déballent les pistils de leur écrin.
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Entre les mots, une fleur bohémienne
A fécondé le sol d’espoir nouveau.
Si fragile mais précieuse gardienne
Des roulottes du temps, petit rameau.
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Si le rêve emmailloté de promesses
Accourt au chevet des bois dépeuplés.
Il me faut vite chasser la paresse,
Inventer des rivières de clarté.
…
Un vieux frisson crachote dans les flaques,
Puis rebondit sur l’ombre de mon cœur.
Alors, je traverse l’instant opaque
Pour me rapprocher du printemps douceur.
…
Dans ton regard, je vois cette rivière
Où les cerfs se sont déjà abreuvés.
Allons jeter les nuits dans la poussière
Respire, l’été est si loin, si près.
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Poème proposé à Chris pour son défi mensuel ” le sacre du printemps”
http://www.poetika17.com/
23 février 2025
Au lit de mon cœur, cette obscurité
Où tu te caches traîne son écharde.
Cavalière du silence obstiné,
J’égrène le temps sur notre rambarde.
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Un nuage effarouché tombe en mer
Là, où sous les algues, le mot gambade.
Combien de digues pour chasser l’hiver.
La plume aimerait être barricade.
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Au détour des vitraux du ciel bleuté,
Dans la mortaise du matin, abonde
Le sable du vide où s’est réfugié
Mon grimoire abîmé qui vagabonde.
…
Des débris de lunes, sur le sofa
Gisent, avant de gagner l’autre rive.
Le torse bombé, l’horizon sépia
Compose une nouvelle missive.
…
Mais, sur la branche du jour, les oiseaux
Cueillent les heures flétries avec hâte.
Enfin, l’horizon ouvre ses rideaux.
Dehors, une lumière délicate.
…
Si l’herbe folle assiège le chemin,
Je vole dans le puits du vent, l’ivresse.
Viens t’allonger sur ce drap de satin.
Les soieries du printemps sont ma richesse.
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12 février 2025
Aux confins des temps, le pas délaissé
De l’aube flotte sur la lune ronde.
Les nuits se serrent contre le passé
Quand la lumière roule sur le monde.
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Un matin se détache de la nuit
Et sous l’édredon de ta peau, cavale
La caresse animale qui séduit
Une frivolité bien immorale.
…
Dans la ramure du printemps, frémit
Mon âme qui s’abandonne à ta bouche.
Je cours vers les portes de l’interdit,
Où des strophes amoureuses font mouche.
…
J’abreuve à ta rivière de désir,
Chaque fontaine de douces caresses.
Un récital de mots brode un soupir
Aux cimes des nuages en ivresse.
…
Au silence dévêtu, le frisson
Réplique et le jour insane chantonne.
Abrité dans l’antre de Cupidon,
L’espoir fatigué renaît et bouillonne.
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Là où ruissellent les pluies de demain,
Je disperse une romance guerrière.
Quand le vent effeuillera mon refrain,
Nos cœurs aimeront boire la lumière.
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J‘ai participé également au défi de Chris en proposant ce texte
http://www.poetika17.com/
6 février 2025
Ta comète bourlingue dans le ciel
Réfutant la complainte du silence,
Qui erre à la recherche d’un cheptel
Gelé pour affirmer son existence.
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Là-bas, on aperçoit dans le lointain,
Un premier feu de l’aube qui grignote
Des flocons égarés sur le matin.
Une lumière renaît et clignote.
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Sous l’œil clos d’un soleil en devenir,
Un papillon butine l’éphémère
Courbure du temps où revient mûrir
Le narcisse sur le sol en jachère.
…
Si la lune rumine son humeur,
Au creux des nuages pâlots, le rêve
Devient ce grand oiseau dans les hauteurs
Qui ébrèche de la saison, la sève.
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A la lisière de ton alphabet,
J’écris sur le coton de ton nuage.
Les mots champêtres forment un ballet
Qui danse autour d’un joyeux verbiage.
…
Et, mon cœur suspendu sur l’étendoir
De tes pensées, répare l’espérance
Qui avait chaviré sur le trottoir.
La lumière offre enfin sa pitance.
…
Dans la nef du jour, résonne le vent
Colportant des discours sur les ruines
De l’hiver dévêtu et indigent.
Ton étoile éclaire enfin la bruine.
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29 janvier 2025
Face contre terre, le froid s’éloigne,
Même si au pied du soleil, tremblote
L’aube insolente que le matin soigne
A coups de lueurs dans la loupiote.
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Un ciel gris racle ses fonds de tiroirs.
Mais dans l’enclos des jours, la balancelle
D’une saison cherche l’échappatoire.
Il en faudrait peu pour ouvrir l’ombrelle.
…
Déjà, les oiseaux picorent les grains,
Quelques promesses restent en pâture
Dans la souvenance des lendemains.
J’entends sur le chemin tant de murmures.
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Se dévêtir des ombres où nos mains
Tentent de chauffer l’aubier et l’écorce
Semble déjà un programme incertain.
Au loin, l’espérance pourtant s’amorce.
…
Cherchons ensemble les phrases au cœur
Des ténèbres où pleuvent des comètes.
Là-haut, des étoiles pour les glaneurs
Enflamment leurs jolis flambeaux de fêtes.
…
Le temps berce les mots dans ses frissons.
Et, aux broderies des strophes, j’accroche
Les iris sauvages en communion
Avec des rimes tombées de ma poche.
…
Au devant des pompons du mimosa,
Je pose mon écrit et ma romance
Reviens ajuster tous ces falbalas
Pour éveiller nos âmes en dormance.
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20 janvier 2025
Assoupi sous l’arbre gris des nuages,
Un soleil recoud ses draps abîmés.
Pourtant, aux lourdes portes du courage,
L’écho de demain semble ligoté.
…
Des sanglots de brume contre les rimes
Proposent au poème leur pochoir.
Même si contre les buissons, d’infimes
Lueurs ouvrent leur modeste tiroir.
…
Au chant de la lune ronde, le givre
Riposte, en laissant la terre à l’oubli.
Il faut juste un frisson d’ailes pour suivre
La rivière où suinte l’infini.
…
Si le sol écorché, sous mes pas, crisse
Des rêves d’ailleurs cousus aux lacets
Aimeraient bien sortir de la coulisse
Pour s’ouvrir à quelque nouveau projet.
…
Je vois ce discret silence en bordure
Du ciel où s’émiette en vain mon soupir.
Des rosées de neige comme un murmure
Inventent des sources pour s’abrutir.
…
Comment lâcher les ballons de lumière
Enfanter sur les sommets de l’espoir,
Des petits riens pour ouvrir la volière
Et enfin s’évader hors du boudoir.
…
Texte proposé à Chris pour son défi mensuel autour d’envies d’ailleurs
http://www.poetika17.com/
12 janvier 2025
Un poème couché sur la civière
Hésite puis se lève du brancard.
Plusieurs strophes effleurent la poussière.
Quand le verbe flanche dans le brouillard.
…
Sur l’oreiller cousu d’ombres, la rime
Aimerait bien un nouveau pansement.
Comment oublier qu’on est pantomime
Pour échapper encore au châtiment.
…
Mais, dans les prairies de cendre, s’abreuve
Le temps à la recherche de serments.
Sous la ronce, trouverons nous la preuve
Qui éconduira tristesse et tourments.
…
Au froissé du jour, suinte la brèche
Où le sommeil des rêves s’est logé,
Tandis que sur l’horizon, la flammèche
S’époumone à ranimer un été.
…
C’est là que j’ai déposé d’autres lignes
Entre le ciel et la mer où l’oiseau
Construit son nid en nous faisant un signe
Las d’attendre un possible renouveau.
…
Et, de ton cœur au mien, le discours erre,
Tombe parfois dans les fossés boueux,
Se relève entre les marges de terre
Où nous semons un lexique soyeux.
…
Au détour des buissons de porcelaine,
Infusent le jour et son carnaval.
Même si mon écrit a la migraine,
Demain, la muse peuplera l’étal.
….
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