Auteur/autrice : Cassiopee
16 mai 2025
A cloche-pied, l’aube avance ses pions.
D’autres matins reviennent sans surprise,
Prendre dans leurs bras nos exclamations.
Un merle moqueur guette la cerise.
…
L’odeur du printemps au jardin mouillé
Érafle les ailes de l’hirondelle.
La pivoine ouvre son cœur enchanté
Il faudra repeindre la balancelle.
…
Ce qu’il reste de nuit dérive ailleurs
Dans un ciel tressaillant de conjectures.
Ici, les étoiles brillent sans peur.
Les arbres s’alourdissent de verdure.
…
Des buissons de rosées sur le chemin
S’agrippent au levant telle une ombrelle.
Un silence rebondit dans l’écrin
Du nid où dort une petite oiselle.
…
Le cabas rempli de coquelicots,
le soleil voyage entre les fontaines
Où s’abreuve encore la chair des mots
Un vent léger ondule sur les plaines.
…
Dans le poème que tu as laissé
Et au nu de cette ombre clandestine,
Je t’attends en respirant l’air iodé.
Veux-tu épouser ma rime orpheline.
…
5 mai 2025
Ta peau de papier regagne couleur
Le mois de mai intègre son empire.
Quand la pivoine au petit jour soupire,
Un soleil fait le mur avec ferveur.
…
Jusqu’aux forêts où le merle vantard
Chante, le ciel joyeux pointe son visage.
Viens, allons courir avec les nuages.
La tiédeur flanque dehors le lézard.
…
Au froissé des herbes, un papillon
Caresse le matin avec confiance
Et des pies rompent avec leur jactance.
Le silence ébahi sur le gazon.
…
Près du chemin qui glane nos secrets,
Nos pas crissent entre les fleurs sauvages.
Agrippé à l’air porteur de mirages,
Un écho sonne jusqu’aux carrelets.
…
Par-dessus ta nuque, j’entends la mer
Le cœur posé sur l’écume des heures.
Un roulis salé devient ma demeure
Et tout décoiffé, il rince l’amer.
…
D’autres nuits viendront filer leur coton
Au point du temps, un été apatride
Invite le coquelicot timide.
Des couvées bleues ouvrent leur baluchon.
…
27 avril 2025
Bruissant dans le jour, mon cœur contre la tuile
S’éveille doucement sur le clair du matin.
Là-haut, vers le bleuté, des lunes en satin.
Le ciel perd son corset, un nuage défile .
…
Mais, tel un serpentin, le soleil se faufile.
Depuis les arbres verts, le temps semble serein.
Sur l’aile de l’oiseau, l’odeur de mon jasmin.
Clin d’œil de la saison, une brise jubile.
…
Sonnent dans le matin les douces ritournelles
De nos huppes fasciées, si belles demoiselles.
Et tombe dans l’oubli le frisson du passé.
….
Alors, je cours vers nous quand le silence jappe
j’étale tous les mots sur ma coquette nappe.
Claque dans le lointain, la voile de l’été.
…
C’est Annie , grande poétesse de la prosodie classique qui m’a donné envie de faire cet exercice
son blog :https://www.verannie.fr/
Le sonnet marotique comporte deux quatrains puis deux tercets d’alexandrins ,
rimés abba abba ccd eed
. C’est la forme que pratiqua Clément Marot, l’un des introducteurs du sonnet en France, d’où le nom de sonnet « marotique ».
18 avril 2025
Au ciel, les nuages quittent le gris.
Une étoile traîne dans son cartable
Ses discours qui ont servi d’alibis
Au silence parfois impénétrable.
…
Dans l’herbe folle, les merles frondeurs
Piquent avec leur bec jusqu’aux racines,
Se servent goulûment, gentils flambeurs
En délaissant églantiers et épines.
…
Si dans les hautes brumes de la saison,
L’horizon s’empourpre avec impatience,
S’ouvre la porte d’un écrit brouillon
Où s’entrelacent des fils d’imprudence.
…
Et sous l’arbre des aubes, je t’écris
Ce poème, les doigts pleins d’encre nouvelle.
Un coquelicot sort de l’appentis
Et déballe du fatras, son ombrelle.
…
Là, au bord du cœur, chargé de soleil
Rugissent les mots comme un feu de paille.
Les majuscules du temps en sommeil
Sonnent le rappel pour faire ripaille.
…
Prenons la main de ce jour vagabond
Viens t’asseoir sur les parois de lumières.
Tu vois combien l’hiver est moribond.
Même les cailloux sourient aux cardères.
…
7 avril 2025
Des brassées d’heures galopent en vain Sur le dos des vagues en cabotage. L’été semble fiévreux sur le chemin. Seul, le coquelicot n’est pas otage.
…
S’inscrit déjà une aube en devenir Par-delà l’horizon qui tend sa chaîne. L’espoir a tellement peur de mourir Qu’il met ses promesses en quarantaine.
…
Au nu du silence, un cortège impur Jette au fossé les battements fragiles De la terre et l’ombre devant le mur Ricane avec sa troupe de vigiles.
…
Résonne le tocsin dans l’océan. Qui veut bien l’entendre à part la crinière De ce cheval de feu au vieux carcan. Les mots se sont perdus au cimetière.
…
Quand les eaux s’usent contre le rocher A entasser les jours et leurs fêlures, Les lèvres gercées, tourne le sablier Mais nos écorces restent écritures.
…
Et demain, les mains pleines de ruisseaux Nous irons par le sentier apatride Abreuver la banquise et les oiseaux, Mon rêve lâchera sa chrysalide.
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Poème proposé à Chris pour son défi du mois : “le chant de l’eau ” http://www.poetika17.com/
30 mars 2025
Quand l’aube funambule se redresse
Avec un fardeau de mots sous le bras,
Je cherche les bourgeons dans le fatras
Des chants d’oiseaux rassemblés en kermesse.
…
Pourtant, il y a ce nœud de morsure
Sous l’écorce où l’encrier refroidit.
Un brin d’hiver, au nu du vent, sans bruit
Pique encore au cœur la jeune ramure.
…
Mais, dans mes veines, où l’herbe sauvage
Trotte pour rejoindre notre horizon,
Le printemps s’échappe de sa prison
Et s’abreuve aux pluies calmes du nuage.
…
Viens avec moi vers la mer insoumise,
Jusqu’à cette vague absorbant ma peau.
Un soleil gonflé d’espoir sort de l’eau.
Je vais ranger la nuit dans sa remise.
…
Au nid de l’attente, le jour pavoise.
Galope un orage vers nos lointains
Mystères écrits au sel des chagrins.
Nous sommes deux que le temps apprivoise.
…
Et, sur la plage où danse la poussière,
Mon poème ôte son rouge jupon.
Au diable, demain et sa partition,
J’égare mes rimes dans ta lumière.
…
17 mars 2025
J’ai emprunté chaque chemin sonore
Où le merle gazouille à l’infini.
J’ai parcouru toutes les métaphores
Qui veulent soulever l’inabouti.
…
J’ai bu l’eau des fontaines de l’aurore.
Qui éclairent ce qui peut être moi,
Alors, des mots ont jailli de l’amphore
Refrain matinal annonçant l’envoi*.
…
Et, les nuits ont laissé leur carapace
Dans le jour où s’abreuve l’encrier.
Ma plume a bu l’eau, cette dédicace
Qui pique la froidure de l’acier.
…
J’ai aperçu dans la peau des nuages
Un vieux foulard camouflant la douleur.
Le silence a couru vers d’autres pages
Des mots nouveaux se font ambassadeur.
…
A pas traînant, des fantômes sans grâce
S’échappent et laissent sur l’horizon
Leurs masques déformés par la grimace.
Dans le ravin, tombe la dépression.
…
Cousues au giclées de soleil, les heures
Fleurissent entre menthe et romarin.
Car, sur l’aubier du printemps, les demeures
Des oiseaux forment un si bel écrin.
…
Si les rameaux s’agitent sur leur hampe,
Je respire les rosées de ton cœur.
Quelques taches d’encre sur la rampe
Des verbes égarés, je deviens fleur.
…
Nota: Envoi: utilisé ici comme notion poétique: l’envoi termine notamment les ballades.
9 mars 2025
Bruissement d’Autan dans les nuages,
Clair de soleil au bout de l’horizon,
L’océan éparpille sur les plages
Son écume mousseuse en couvaison.
…
Vers la dune qui flirte avec le ciel,
Se dressent des parfums de mimosa.
Mars ouvre ses yeux chargés de rimmel,
L’hiver prend le large avec son barda.
…
Des oiseaux, sur les cimes en silence
Arpentent la lumière du matin.
Et les iris, vent debout, en urgence
Déballent les pistils de leur écrin.
…
Entre les mots, une fleur bohémienne
A fécondé le sol d’espoir nouveau.
Si fragile mais précieuse gardienne
Des roulottes du temps, petit rameau.
…
Si le rêve emmailloté de promesses
Accourt au chevet des bois dépeuplés.
Il me faut vite chasser la paresse,
Inventer des rivières de clarté.
…
Un vieux frisson crachote dans les flaques,
Puis rebondit sur l’ombre de mon cœur.
Alors, je traverse l’instant opaque
Pour me rapprocher du printemps douceur.
…
Dans ton regard, je vois cette rivière
Où les cerfs se sont déjà abreuvés.
Allons jeter les nuits dans la poussière
Respire, l’été est si loin, si près.
…
Poème proposé à Chris pour son défi mensuel ” le sacre du printemps”
http://www.poetika17.com/
23 février 2025
Au lit de mon cœur, cette obscurité
Où tu te caches traîne son écharde.
Cavalière du silence obstiné,
J’égrène le temps sur notre rambarde.
…
Un nuage effarouché tombe en mer
Là, où sous les algues, le mot gambade.
Combien de digues pour chasser l’hiver.
La plume aimerait être barricade.
…
Au détour des vitraux du ciel bleuté,
Dans la mortaise du matin, abonde
Le sable du vide où s’est réfugié
Mon grimoire abîmé qui vagabonde.
…
Des débris de lunes, sur le sofa
Gisent, avant de gagner l’autre rive.
Le torse bombé, l’horizon sépia
Compose une nouvelle missive.
…
Mais, sur la branche du jour, les oiseaux
Cueillent les heures flétries avec hâte.
Enfin, l’horizon ouvre ses rideaux.
Dehors, une lumière délicate.
…
Si l’herbe folle assiège le chemin,
Je vole dans le puits du vent, l’ivresse.
Viens t’allonger sur ce drap de satin.
Les soieries du printemps sont ma richesse.
…
12 février 2025
Aux confins des temps, le pas délaissé
De l’aube flotte sur la lune ronde.
Les nuits se serrent contre le passé
Quand la lumière roule sur le monde.
…
Un matin se détache de la nuit
Et sous l’édredon de ta peau, cavale
La caresse animale qui séduit
Une frivolité bien immorale.
…
Dans la ramure du printemps, frémit
Mon âme qui s’abandonne à ta bouche.
Je cours vers les portes de l’interdit,
Où des strophes amoureuses font mouche.
…
J’abreuve à ta rivière de désir,
Chaque fontaine de douces caresses.
Un récital de mots brode un soupir
Aux cimes des nuages en ivresse.
…
Au silence dévêtu, le frisson
Réplique et le jour insane chantonne.
Abrité dans l’antre de Cupidon,
L’espoir fatigué renaît et bouillonne.
…
Là où ruissellent les pluies de demain,
Je disperse une romance guerrière.
Quand le vent effeuillera mon refrain,
Nos cœurs aimeront boire la lumière.
…
J‘ai participé également au défi de Chris en proposant ce texte
http://www.poetika17.com/
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