Auteur/autrice : Cassiopee
6 février 2025
Ta comète bourlingue dans le ciel
Réfutant la complainte du silence,
Qui erre à la recherche d’un cheptel
Gelé pour affirmer son existence.
…
Là-bas, on aperçoit dans le lointain,
Un premier feu de l’aube qui grignote
Des flocons égarés sur le matin.
Une lumière renaît et clignote.
…
Sous l’œil clos d’un soleil en devenir,
Un papillon butine l’éphémère
Courbure du temps où revient mûrir
Le narcisse sur le sol en jachère.
…
Si la lune rumine son humeur,
Au creux des nuages pâlots, le rêve
Devient ce grand oiseau dans les hauteurs
Qui ébrèche de la saison, la sève.
…
A la lisière de ton alphabet,
J’écris sur le coton de ton nuage.
Les mots champêtres forment un ballet
Qui danse autour d’un joyeux verbiage.
…
Et, mon cœur suspendu sur l’étendoir
De tes pensées, répare l’espérance
Qui avait chaviré sur le trottoir.
La lumière offre enfin sa pitance.
…
Dans la nef du jour, résonne le vent
Colportant des discours sur les ruines
De l’hiver dévêtu et indigent.
Ton étoile éclaire enfin la bruine.
…
29 janvier 2025
Face contre terre, le froid s’éloigne,
Même si au pied du soleil, tremblote
L’aube insolente que le matin soigne
A coups de lueurs dans la loupiote.
…
Un ciel gris racle ses fonds de tiroirs.
Mais dans l’enclos des jours, la balancelle
D’une saison cherche l’échappatoire.
Il en faudrait peu pour ouvrir l’ombrelle.
…
Déjà, les oiseaux picorent les grains,
Quelques promesses restent en pâture
Dans la souvenance des lendemains.
J’entends sur le chemin tant de murmures.
…
Se dévêtir des ombres où nos mains
Tentent de chauffer l’aubier et l’écorce
Semble déjà un programme incertain.
Au loin, l’espérance pourtant s’amorce.
…
Cherchons ensemble les phrases au cœur
Des ténèbres où pleuvent des comètes.
Là-haut, des étoiles pour les glaneurs
Enflamment leurs jolis flambeaux de fêtes.
…
Le temps berce les mots dans ses frissons.
Et, aux broderies des strophes, j’accroche
Les iris sauvages en communion
Avec des rimes tombées de ma poche.
…
Au devant des pompons du mimosa,
Je pose mon écrit et ma romance
Reviens ajuster tous ces falbalas
Pour éveiller nos âmes en dormance.
…
20 janvier 2025
Assoupi sous l’arbre gris des nuages,
Un soleil recoud ses draps abîmés.
Pourtant, aux lourdes portes du courage,
L’écho de demain semble ligoté.
…
Des sanglots de brume contre les rimes
Proposent au poème leur pochoir.
Même si contre les buissons, d’infimes
Lueurs ouvrent leur modeste tiroir.
…
Au chant de la lune ronde, le givre
Riposte, en laissant la terre à l’oubli.
Il faut juste un frisson d’ailes pour suivre
La rivière où suinte l’infini.
…
Si le sol écorché, sous mes pas, crisse
Des rêves d’ailleurs cousus aux lacets
Aimeraient bien sortir de la coulisse
Pour s’ouvrir à quelque nouveau projet.
…
Je vois ce discret silence en bordure
Du ciel où s’émiette en vain mon soupir.
Des rosées de neige comme un murmure
Inventent des sources pour s’abrutir.
…
Comment lâcher les ballons de lumière
Enfanter sur les sommets de l’espoir,
Des petits riens pour ouvrir la volière
Et enfin s’évader hors du boudoir.
…
Texte proposé à Chris pour son défi mensuel autour d’envies d’ailleurs
http://www.poetika17.com/
12 janvier 2025
Un poème couché sur la civière
Hésite puis se lève du brancard.
Plusieurs strophes effleurent la poussière.
Quand le verbe flanche dans le brouillard.
…
Sur l’oreiller cousu d’ombres, la rime
Aimerait bien un nouveau pansement.
Comment oublier qu’on est pantomime
Pour échapper encore au châtiment.
…
Mais, dans les prairies de cendre, s’abreuve
Le temps à la recherche de serments.
Sous la ronce, trouverons nous la preuve
Qui éconduira tristesse et tourments.
…
Au froissé du jour, suinte la brèche
Où le sommeil des rêves s’est logé,
Tandis que sur l’horizon, la flammèche
S’époumone à ranimer un été.
…
C’est là que j’ai déposé d’autres lignes
Entre le ciel et la mer où l’oiseau
Construit son nid en nous faisant un signe
Las d’attendre un possible renouveau.
…
Et, de ton cœur au mien, le discours erre,
Tombe parfois dans les fossés boueux,
Se relève entre les marges de terre
Où nous semons un lexique soyeux.
…
Au détour des buissons de porcelaine,
Infusent le jour et son carnaval.
Même si mon écrit a la migraine,
Demain, la muse peuplera l’étal.
….
4 janvier 2025
Au pont de pierre, le givre épuisé
Se détourne du matin en errance.
Juste un rayon de brouillard déplié
Qui, au sommet du mot, tente sa chance.
…
S’envolent de l’arbre, des étourneaux
Pour piller les graines de la mangeoire.
Au bout du chemin, gronde le ruisseau
L’hiver exulte, le froid est sa gloire.
…
Si la rime en lambeaux sur le trottoir
Foule les cailloux gelés de l’attente,
Les ombres balancent leur vieux mouchoir,
Tout en se faufilant sous la charpente.
…
Regarde, le sol ne renonce pas,
Dans le massif, les premières jonquilles
Ouvrent avec ardeur leur cadenas.
J’aperçois des pointes en escadrille.
…
Contre les tentures grises du ciel,
Des rhizomes et leurs tiges sauvages
S’élancent dans une ronde au pluriel.
Une chimère brode les nuages.
…
Puis, à l’angle du temps, le chariot
Des saisons fait halte dans la cambrure
D’une lune et cueille un coquelicot
Flétri mais prêt à hisser sa voilure.
…
Viens avec moi, un pied sur l’horizon,
L’autre sur la rampe de l’invisible.
Nous serons des oiseaux sur le chevron
Du vent où repoussent tous les possibles.
…
28 décembre 2024
D’anciennes ombres pointent sur le jour
Leur visage qui braille dans la tour
Des saisons et leurs paroles assassines
Vibrent sous les chairs brûlées des épines.
…
Je vois notre rêve d’été perdu
Dans cette crevasse où il n’a pas plu.
Des copeaux de nuit irritent mes veines,
Le temps s’éveille sur son lit de peines.
…
Et emmitouflé dans son bleu métal,
Un vent du nord vient à nous , glacial.
L’horizon au bord de la solitude,
S’impatiente en se tordant d’inquiétude.
…
Je vais sur ce sentier blanchi de gel.
Le silence me lance son appel.
Que dire de mon cœur sur cette route
Couverte de neige où règne le doute.
…
Derrière la fenêtre où le lampion
Indompté suinte d’inspiration,
Ton regard vient atteindre la lisière
Des lunes bruissant de ton mystère.
…
Prends mon manteau étoilé, cet écrin
Pour réchauffer ton épaule satin.
Entre tes bras d’océan, l’estuaire
Du renouveau ouvre un couloir solaire.
…
A cloche-demain, dans les plis noircis
De l’hiver, nos murmures éblouis
Attendent comme l’aube sur sa chaise
Qu’un autre printemps sorte de la glaise.
…
19 décembre 2024
Un vent glacial rase les murailles
Sur les vitres embuées, le matin
Jette quelques tourbillons de grisaille.
Le temps déraciné se fait chagrin.
…
Au milieu des feuilles jonchant la terre
La saison froide répète son chant
Et des strophes éclatées sur la pierre
Font corps avec l’écho pénalisant.
…
La lune rebondit entre les marges
Où des voix patinées par les océans
Naviguent à la rencontre des barges
Qui défient les vagues et le néant.
…
Quand bien même la mésange frissonne,
Il reste en haut des arbres, le serment
Du jour érodé par la nuit gloutonne,
Cette seule lueur comme un fragment.
…
Des rimes échouées sur les écorces
Transforment leurs syllabes en fagots.
Il nous reste alors pour dernière force
De ranger à l’abri nos vieux ballots.
…
Un soleil gît derrière le nuage,
Plus loin que nos cristallins cramponnés
A ces heures fatiguées et sans âge.
Le crachin rince les mots échappés.
…
Dans un rai de neige, un texte se mire
Sous les flocons, je cache le fouillis
De nos cœurs à la quête d’un empire
Pour s’évader enfin de ce roulis.
…
1/2024
11 décembre 2024
Sur la poutre du temps, chaque respiration
Contient nos souvenirs, mais dans un seul silence
Les buées du matin comme une autre conscience
Fendent les nuages sans précipitation.
…
Quelle est au petit jour, l’unique conviction
Sur le ponton des mots, de tourner en cadence
Les phrases de mon cœur, lovées sur ta crédence
Braillent chaque lueur au vent de nos chansons.
…
Les ombres effacées, jusqu’au bout du plaisir,
J’ai dormi dans tes bras chargés de ton désir.
Déjà, s’enfuit la nuit et ses si longs murmures.
….
Un rêve trop discret, tel un grand voyageur
Trotte vers les fossés quand dorment nos blessures.
Sur l’horizon fluet, l’espérance est lueur.
….
1 décembre 2024
Un chemin de mots longe les aurores,
Quand un poème réveille le jour.
Égaré entre le ciel et les stores
D’un temps, il aime être troubadour.
…
Mais, à peine ébauché, le vent lacère
Les grains du papier où s’est engourdi
Un flocon sorti de sa bonbonnière.
Le crayon nu recherche son étui.
…
Se ferme déjà la porte des lunes
Où un rêve a posé son édredon.
Un nuage captif dans les tribunes
Est morose comme une punition.
…
Les pas fatigués, l’écriture arpente
Une plage où veille pourtant l’hiver.
Alors, il faut vaincre dans la tourmente
Les froids qui tournent autour de l’amer.*
…
Plus aucun bruit dans l’encrier de neige.
Il faut marcher vers l’exil des secrets
Pour retrouver enfin dans le ciel beige
La promesse d’espoir sur nos versets.
…
La plume folle en sommeil dans l’ornière
Agite soudain son drapeau fripé.
En soupçonnant une odeur printanière,
Le chant du ruisseau est apprivoisé.
…
* amer : ici employé dans le sens de phare.
Texte proposé à Chris pour son défi du mois: rêve de neige – http://www.poetika17.com/
27 novembre 2024
Au loin, un soleil claque ses volets.
Sur la ligne des crêtes, la morsure
Des premiers froids fait trembler les bleuets,
Le jour fatigué court à toute allure.
…
Juste ce froissement de nos saisons
Qui rappelle l’odeur de la châtaigne.
Le cerf écrase quelques champignons
Alors que l’ombre progresse, bréhaigne.
…
Sous la bruyère, le chant éraflé
Du silence perce l’automne rousse.
Et, le vent impatient s’est invité
Sur tout ce qui remue sur la mousse.
…
Alors, j’enroule nos mots dans le cœur
De ces grandes forêts où les murmures
Diffusent lentement une lueur.
Suis-moi vers ce passage sans gerçures.
….
La dernière pierre sera le lit
Où nous pourrons nous endormir sans crainte.
Chaque rime réchauffera la nuit
Qui dépose sur les arbres sa plainte.
…
L’espérance reviendra sous le gel.
Partout où tu es, l’été ressuscite.
Les coquelicots et leur carrousel
Se préparent déjà dans leur guérite.
…
Nota : bréhaigne: stérile