Auteur/autrice : Cassiopee

Les simples

Aux sources de l’aube, le pas fragile

Du temps habite l’impasse du cœur.

Lentement, un rêve s’éveille et file

Vers la souche des saisons sans lueur.

…

Tombé de l’horizon, le souffle pâle

De l’automne étreint mon corps endormi.

J’ai le goût du silence qui trimbale

Son sac percé dans mon sang refroidi.

…

Se dressent les mots froissés sur la plage

Où reposent des ballons prisonniers.

La rime se rappelle ton visage

Quand notre été range ses chandeliers.

…

Sens-tu battre sous la chair les caresses

Qui écartent l’ennui de ton chemin.

Au loin, la vigne craque de promesses,

Le jour pénètre mes veines, enfin.

…

Que dire de l’espoir dont la crinière

Dessine la rouille dans la broussaille.

Viens, allons construire notre tanière

Dans les simples et les fétus de paille.

…

Sur le flanc des astres, la nuit serpente.

Mais, demain, nous irons par les sentiers

Effacer l’hiver prochain sous la pente

Où court le souvenir de nos baisers.

…

Loquet

Le feu errant

Au sommet des planètes en détresse,

J’écris la peur de l’arbre et des oiseaux.

L’obscurité défend sa forteresse

Quand l’humanité creuse son tombeau.

…

Le long des chemins où le temps pétille,

Avance un cortège de jours transis.

Quelques rêves s’accrochent à la grille

Des lunes aux halos plein de débris.

…

Et un nuage escorte sur la rive

Un triste ailleurs où suffoque le vent.

L’été se cogne contre la coursive

Pour finir sa course en un feulement.

…

J’aimerais te dire, l’espoir en bouche

Par-delà l’horizon des camouflets,

Que certains discours et propos font mouche

Mais les phrases rougissent de soufflets.

…

Comment dans cette strophe qui se dresse,

Là, où le cœur guerrier cogne les murs,

Déplier la ramille pour que cesse

Le tremblement accroché à l’azur.

…

Il me faut aller au brûlant de l’âme

Attiser le feu errant dans la nuit.

Au ciel de l’aube en devenir, l’entame

Du soleil fera peut-être du bruit.

…

Texte proposé à Chris pour son défi : quel monde pour demain ?

son blog : http://www.poetika17.com/

Couette

Inventés

Crépuscule

Sous le lierre de l’oubli, la saison

Reprise ses blouses et ses corsages.

L’automne retient sa respiration

Car bientôt, l’été sera au chômage.

…

L’orage a rougi les toits abîmés.

Des forêts infusent dans les nuages.

Au lointain, l’horizon semble apaisé,

Sa litière se couvre d’autres pages.

…

S’éloignant vers le chemin de la nuit,

La lumière est debout dans son carrosse.

Au chevet du temps qui s’endort sans bruit,

Se moque la lune ronde et si grosse.

…

Juste ce parfum de menthe au jardin

Caressant l’heure au milieu de l’attente.

Les asters repliés dans leur écrin

Apprécient encore calme et farniente.

…

Un silence déterre ses boulets

Comme un dernier répit sur la bruine

D’un poème s’accrochant aux volets

Déjà fermés sur les mots en ruine.

…

Mais, partout où je cherche la lueur,

S’écartent des buissons d’ombre marine.

Où que glisse ta vague sur mon cœur,

J’apprivoise ta houle clandestine.

…

Pour fuir avec la dernière moisson,

J’invente sel et eau dans notre malle.

Si le vent a tant d’imagination,

Plusieurs feuilles mortes jonchent la dalle.

…

Sans perdre la face de leurs secrets,

Les étoiles sont en conciliabule.

Un pays d’ombres ouvre ses signets,

Cendres blondes de l’instant, crépuscule.

…

Bleu

Saison

Feux

Perdu