Dans le vent

Au loin, un soleil claque ses volets.

Sur la ligne des crêtes, la morsure

Des premiers froids fait trembler les bleuets,

Le jour fatigué court à toute allure.

Juste ce froissement de nos saisons

Qui rappelle l’odeur de la châtaigne.

Le cerf écrase quelques champignons

Alors que l’ombre progresse, bréhaigne.

Sous la bruyère, le chant éraflé

Du silence perce l’automne rousse.

Et, le vent impatient s’est invité

Sur tout ce qui remue sur la mousse.

Alors, j’enroule nos mots dans le cœur

De ces grandes forêts où les murmures

Diffusent lentement une lueur.

Suis-moi vers ce passage sans gerçures.

….

La dernière pierre sera le lit

Où nous pourrons nous endormir sans crainte.

Chaque rime réchauffera la nuit

Qui dépose sur les arbres sa plainte.

L’espérance reviendra sous le gel.

Partout où tu es, l’été ressuscite.

Les coquelicots et leur carrousel

Se préparent déjà dans leur guérite.

Nota : bréhaigne: stérile

20 comments on “Dans le vent

  1. Hayat dit :

    Très joli poème dont on visualise bien les images. Tu nous as devancés avec ta précision du mot “bréhaigne”…

  2. J’aime beaucoup “Au loin, un soleil claque ses volets.” cette phrase annonce tout de suite la nouvelle météo qui se met en place, le soleil disparait pour laisser la place au froid mais on y trouve aussi, au fil du poème, la promesse du réveil de la nature. Le beau temps reviendra, c’est une belle note d’espoir. Bonne soirée !

  3. tmor dit :

    Le lit, la pierre, le chant éraflé, toujours de belles images. Bravo.

  4. annie dit :

    Bonjour Sedna,
    Ah si le coquelicot déjà s’invite, j’ai le moral qui revient sous tes mots charmants !
    Merci et bravo Sedna !
    Annie

  5. Enitram dit :

    Toutes les rimes de décembre sont bien là,au chaud, dans ton poème et déjà,tu nous fais rêver au rouge des coquelicots, là bas au bord de la forêt… Je te suis complètement !
    À bientôt !

  6. Erika dit :

    Joli poème plein de douceur…
    Bon dimanche.
    Je connais bien le blog de l’écureuil que j’apprécie beaucoup car très diversifié.
    Bises

  7. ABC dit :

    Pas à pas vers l’hiver
    l’automne nous berce encore
    nuits de gel, jours de soleil
    l’herbe frissonne sous sa couette blanche
    puis reverdit quand sonne l’angélus
    soirées précoces et feux de cheminée
    décembre clôture l’année

  8. Rose63 dit :

    Gel sur la contrée
    Crainte au vent
    Gerçures froides
    Volets fermés
    Mousse pour la vielle bréhaigne qui s’en contentera

  9. nikelle dit :

    Malgré le froid qui s’installe, l’attente et l’espoir gardent au chaud.
    Ta poésie décrit les saisons merveilleusement bien.
    Bon week-end

  10. daniel dit :

    Les saisons rythment nos vies. Les coquelicots et leur carroussel qui se prépare sont plein d’espoir de jours ensoleillés à venir !!

  11. Etienne dit :

    Vraiment très beau j’aime beaucoup : Partout où tu es, l’été ressuscite.

  12. Bonjour Sedna. J’ai lu la citation de Michel Conrad. Les mots ont leutr importance, peuvent réconforter, rassurer, encourager. Bonne journée

  13. Cathie Flore dit :

    S’endormir sans crainte et se laisser réchauffer par la nuit qui a déposé toutes ses plaintes. Rêver de bruyère, de mousse et de châtaignes. Et puis suivre l’ami(e) vers le passage qui mène vers un soleil nouveau…

  14. thé ache dit :

    l’ombre des saisons défile encore plus vite quand vient l’hiver, est ce le froid qui rétrécit les matières ou la lumière qui se déplie de moins en moins laissant à la nuit une place plus ample, les ombres qui semblent stériles car n’ouvrant pas sur les couleurs, mais ce n’est que hibernation, l’espoir du solstice apporte des rêves et des souvenirs…

  15. Bonjour Sedna. J’aime l’espoir qui filtre dans tes poèmes très impressionnistes et je visualise bien” Les coquelicots et leur carrousel qui Se préparent déjà dans leur guérite.”
    Bonne journée

  16. broutilleb dit :

    tout se mélange comme dans un cauchemar fleurs d’été et vent d’hiver

  17. Beaucoup d’espoir dans ce poème. Espoir qui semble voyager par dessus les saisons.

  18. Capucyne dit :

    Un poème de saison, mais tout doux quand même !

  19. Marie Minoza dit :

    Le vent froisse les saisons
    Qui errent entre bruyère
    Et les récoltes d’automne…
    Tes mots sèment leurs lueurs,
    des lucioles d’espérance…
    Nos nuits seront plus douces
    En relisant tes poèmes,
    En écoutant bien au chaud
    La musique de tes rimes…

  20. Marie dit :

    Les 3 dernières strophes sont remplies d’amour et moi l’amour j’aime! J’ai perdu mon compagnon du Covid en 2022 et souvent je pense à ce que nous ne ferons plus ensemble, voyages, balades, petits dîners aux chandelles, et tout cela, même si nous ne le vivions pas au quotidien moi en France et lui en Ecosse, était précieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.