Albâtre
Les pieds nus, l’automne avance ses pions.
Dans les jardins, les bois et nos dimanches,
Matin froid, les étoiles de crépon
Regagnent leur terrier de neiges blanches.
…
Sous le buisson couleur rouille, le cœur
D’un aster fleuri tambourine l’herbe.
Au ciel, un nuage file, joueur
Quand, soudain, chaque arbre devient imberbe.
…
Et jusqu’aux collines, les grands oiseaux
S’envolent, offrant leur cri, leur complainte.
L’horizon rougi ouvre ses rideaux,
Je vois un rêve partir dans la crainte.
…
Sur le sentier, la lumière faiblit.
Enfin, tu serres ma main dans la tienne.
Alors, l’été fait encore crédit
Et vient peindre mon âme, magicienne.
…
Nous marchons entre les cailloux usés.
Là, dorment les racines du silence.
Des notes d’eau chantent en rangs serrés
Pour chasser l’embarras de nos consciences
…
Sur nos pensées bleuies, souffle le vent
Rentrons pour nous réchauffer près de l’âtre.
L’aube lointaine viendra lentement
Nous éclairer de sa lumière albâtre.
…
Toujours difficile d’être la première ou le premier à commenter.
Je lis ici les beautés et les fraîcheurs de l’automne et l’avancée tout douce vers l’hiver qui nous tiendra près de l’âtre ou sous la couette pour des partages amoureux.
” Quand soudain, chaque arbre devient imberbe” J’aime bien cette image mais je n’aime pas quand les arbres perdent leurs feuilles. Cela me rend mélancolique !