Ocre
Lavé de l’aube, le jour mord le ciel
Et cueille les baies roses des nuages.
Rien ne dérange un silence de miel
Qui va rejoindre les forêts sans âge.
…
Sous le porche où fane le liseron,
L’oiseau picore les graines des gaillardes. *
Dans le lointain, un timide frisson
Vient accompagner l’envol des outardes.
…
Puisque s’invite à la table du vent
Une dernière églantine sauvage,
Je laisse partir l’été lentement
Sur le sentier de son prochain voyage.
…
Octobre sort ses paniers de marrons
Et sur la racine encore brûlante,
L’heure enfile son chandail de coton.
Entends dans l’herbe un rêve qui enfante.
…
La douceur erre contre les buissons
Inclinant leurs nuques vers l’espérance.
Absorbés par les ors de la saison
La grive m’aborde avec sa romance.
…
Soudain, la fraîcheur sort de son terrier
Alerte que si le monde est médiocre,
Nous pouvons rallumer ce fort brasier
Qui veille en mon âtre de feuilles ocre.
…
Nota : les gaillardes sont des fleurs vivaces résistantes au froid et à la chaleur
Superbe poème qui vient avec l’automne et à partir de tes lumières au coeur du paysage que tu déclines… J’adore aussi ces “gaillardes” qui font manifestement partie de la famille des chrisantèmes. Je me suis renseignée… Je ne connaissais pas ces fleurs “gaillardes” qui portent bien leur nom et que j’aime beaucoup.
Merci aussi pour avoir mis sur ta page d’accueil ce poème “Bleu sable” que j’avais écrit après un séjour en Loire-Atlantique et qui me fait penser, aujourd’hui, au regard de Sophie Adenot sur cette essentielle qu’est notre petite Terre sans frontières.
Très bon week-end et au plaisir de te relire !!!