Catégorie : Nuées poétiques

Grain

Les draps d’avril

Avenir

Sélam

Ivraies

Si chaque printemps est une boussole

Indiquant le chemin où naît l’espoir,

Notre planète a perdu le contrôle.

Le chaos prend possession du comptoir.

…

Dans la valise des nuits en partance

Tant de cauchemars cloîtrés au matin

Habitent les douves de la puissance.

Le vent pleure entre les mots orphelin.

…

Pendant que ce monde aux abois chavire

Nous, pauvres laquais, spectateurs usés

Par tous ces grands qui viennent nous occire

Ne savons plus trouver d’autres accès.

…

Au temps échancré par les douleurs vives

J’entends suffoquer les enfants perdus

Dans ces guerres où les joies sont captives.

Mille sacs de rêves ont disparu.

…

Pollution, violences, féminicides

Lézardent notre condition d’humains.

Sommes nous des sauvages bien placides

Pour nous satisfaire du quotidien.

…

Tels les merles apeurés, je traverse

Le vortex pour regagner les feuillages

De cette saison nouvelle où l’averse

Congédiera peut-être les nuages.

…

Les bourgeons vont exploser sur nos arbres

Et les oiseaux font leur nid dans les haies.

Comment chasser la grisaille de marbre

Quand nos chaussures foulent les ivraies *

…

Nota : ivraies : graminées considérées comme herbes sauvages, ou selon un nouveau terme moins poétique : adventices. Ici, le mot est employé bien entendu comme métaphore.

Broussaille

Endimanché

Hasard

Nuit

L’arbre

Tu sais, je viens de toutes les saisons,

Droit et courageux dans ce champ en friche.

Mon tronc si fatigué semble chiffon

Pourtant, jadis, j’étais robuste et riche.

…

Les traces du printemps sont déjà là.

Et mon corps feuillu néglige les ombres.

Je résiste, survivant, mâle alpha

Dans le chahut du temps et ses décombres.

…

Combien de matins encore au chevet

De mon écorce campant dans l’écume,

L’automne ricoche sur mes volets.

J’ai laissé au vent mon joli costume.

…

Tellement froid sous la blancheur d’hiver.

Sur le chemin où gémit le silence,

Mon cœur suinte, mes sanglots de fer

Épousent les heures en résilience.

…

Quand, parfois, un rêve dans le brouillard

Soulève mon chagrin sous les nuages,

Mes bras scarifiés déposent leur fard.

Et, il me prend des envies de voyages.

…

Déferlent les pluies sur mon oreiller.

Quand bien même, je persiste de marbre.

Les branches fagotées à ton papier

Deviennent bruissement, je reste arbre.

…

Avec la complicité de mon Ami Margi : https://margimond.eklablog.fr/ qui m’a prêté les images de son copain des champs et de Chatgpt pour l’arbre qui marche et la boule de neige.