Catégorie : Nuées poétiques
18 novembre 2024
Aux sources de l’aube, le pas fragile
Du temps habite l’impasse du cœur.
Lentement, un rêve s’éveille et file
Vers la souche des saisons sans lueur.
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Tombé de l’horizon, le souffle pâle
De l’automne étreint mon corps endormi.
J’ai le goût du silence qui trimbale
Son sac percé dans mon sang refroidi.
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Se dressent les mots froissés sur la plage
Où reposent des ballons prisonniers.
La rime se rappelle ton visage
Quand notre été range ses chandeliers.
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Sens-tu battre sous la chair les caresses
Qui écartent l’ennui de ton chemin.
Au loin, la vigne craque de promesses,
Le jour pénètre mes veines, enfin.
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Que dire de l’espoir dont la crinière
Dessine la rouille dans la broussaille.
Viens, allons construire notre tanière
Dans les simples et les fétus de paille.
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Sur le flanc des astres, la nuit serpente.
Mais, demain, nous irons par les sentiers
Effacer l’hiver prochain sous la pente
Où court le souvenir de nos baisers.
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31 octobre 2024
Au sommet des planètes en détresse,
J’écris la peur de l’arbre et des oiseaux.
L’obscurité défend sa forteresse
Quand l’humanité creuse son tombeau.
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Le long des chemins où le temps pétille,
Avance un cortège de jours transis.
Quelques rêves s’accrochent à la grille
Des lunes aux halos plein de débris.
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Et un nuage escorte sur la rive
Un triste ailleurs où suffoque le vent.
L’été se cogne contre la coursive
Pour finir sa course en un feulement.
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J’aimerais te dire, l’espoir en bouche
Par-delà l’horizon des camouflets,
Que certains discours et propos font mouche
Mais les phrases rougissent de soufflets.
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Comment dans cette strophe qui se dresse,
Là, où le cœur guerrier cogne les murs,
Déplier la ramille pour que cesse
Le tremblement accroché à l’azur.
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Il me faut aller au brûlant de l’âme
Attiser le feu errant dans la nuit.
Au ciel de l’aube en devenir, l’entame
Du soleil fera peut-être du bruit.
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Texte proposé à Chris pour son défi : quel monde pour demain ?
son blog : http://www.poetika17.com/
11 octobre 2024
Sur la table de midi, l’eau bénite
De l’automne sent le musc et le cuir.
La fougère s’enracine et profite
De la tiédeur pour enfin s’endormir.
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Vers le chemin qui mène à notre plage,
La dune arrondit son ventre doré.
Si le grain est rangé avant l’orage,
La cloche des ans sonne sans gaieté.
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Et, à l’épine du jour qui s’accroche
Aux nuages tourmentés par le bruit,
Quelques aubes lointaines, sous la roche
Écrivent des vers pour chasser la nuit.
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Mais, un verbe étourdi dans l’ambulance
A renversé sur le sol l’encrier.
Le berceau des poèmes en souffrance
Tangue parmi les ronces du sentier.
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Si au temps d’octobre, des draps de brume
Cousent nos écorces au vent coquin,
Des landes d’ombres frappent leur enclume
Quand je cache chaque mot dans ta main.
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Alors, naîtront les épaisses froidures
Le long des champs et bois ébouriffés.
Viendras tu t’asseoir au bord des murmures.
Nous irons l’amble, rêves inventés.
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6 septembre 2024
Le jour s’abandonne dans la coquille
Du vent, pareil à l’amour qui pétille
Insouciant, le long d’un buisson bleuté
A l’ombre des morsures de l’été.
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Mais, sous la conque du temps qui mitraille
Chaque secret, des copeaux de grisaille
Lancent leur souffle amer vers le terrier
Où je cache notre dernier baiser.
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De vains orages ferment les barrières
Où des mots égarés sur les rivières
Éclaboussent encore le galet
Du silence tissant son alphabet.
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Par-delà les nuits sans sommeil, les tresses
Des saisons vêtent leurs brumes maîtresses.
Sur les chemins de l’automne, un frisson
Couvre la terre de son édredon.
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Et, au point de septembre, la crécelle
Des années entraîne une ribambelle
Joyeuse d’images vers le ponton
Où nos cœurs se sont enfin amarrés.
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Contre l’horizon où le soleil cède
Place, rien ne bouge dans la pinède.
Au phare des rosées, août déchu
Se sent bien seul sur son sentier, perdu.
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13 août 2024
A l’aplomb des falaises, le matin
Suspend sa tenture neuve en satin.
La nuit regagne ses forêts obscures
Où se nourrissent rêves et murmures.
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Le vieil arbre rempli de chants d’oiseaux
Voit ricocher les feuilles en lambeaux.
A cloche-pied, la rime se faufile
Entre les vers où le verbe est fertile.
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Paresseux, le vent caresse un buisson
Où les mûres écloses, à foison,
Attendent que le jour des confitures
Érafle leurs tiges aux commissures.
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Au jardin, le thym et le serpolet
Rampent sur les veines de mon poignet.
Lentement, la menthe fraise m’enlace.
Sans défense, l’heure laisse sa trace.
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Posé sur les bois du chevreuil, demain
Semble accorder déjà son tambourin.
Dans mon regard, se vide cette cruche
Abritant le soleil fuyant sa ruche.
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Vois ce cumulus au ciel adossé
Qui infuse en la courbure d’été.
Sur l’horizon alourdi de fougères,
Un parfum d’amour livre ses lumières.
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Et, au mât du cœur, l’azur empalé
Réinvente ce conte suranné
Où l’aiguille fiévreuse des romances
Trompe nos destins avec l’espérance.
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Ma petite récolte de mûres m’a inspiré ce poème…
5 août 2024
Dans les marges du ciel, l’aurore aiguise
Ses instruments assoupis au grenier.
Au loin, une nuit ferme sa valise,
Proposant aux lunes son vieux cahier.
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Sur l’horizon nu où tes pas résonnent,
L’étoile se souvient de nos cailloux
Perdus entre les heures qui ronchonnent,
Quand bien même, apparaît le redoux.
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Et, dans les prés où verdissent les herbes,
Le temps arrondit son dos de bourgeons.
Sans se préoccuper des pluies acerbes,
Il vaque à de sages occupations.
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Des feux éclatent dans le jour de paille,
je traverse des orages remplis
De souvenirs foulés dans la broussaille.
Trouverais-je ton cœur dans le fouillis.
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Plusieurs lampions s’allument en urgence,
Quand des soleils habitent mon cerveau.
Je défais le lacet des turbulences
Revient picorer dans ma main l’oiseau.
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Aux confins des nuages, les guimbardes
De l’existence cherchent le trémas
Afin de révoquer quelques échardes.
Et la lumière nous ouvre ses bras.
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24 juillet 2024
Au moulin de nos saisons, une brise
Invente des notes de sable et sel.
Un soleil joyeux sort de sa remise
Ses rayons qui illuminent le ciel.
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Loin, les ombres cajolent le silence
Anesthésié dans le puits des moissons.
Et sous l’écorce de la confidence,
Le moindre secret est à l’abandon.
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L’autel de juillet s’est rempli de trilles.
Par-delà les racines, le roulis
Des forêts crachote son estampille.
A la face des écureuils surpris.
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Glisse le poème sous la bruyère.
Au bout des mots, je viens cueillir ta main.
La glycine étale sa crinière,
C’est pour mieux, nous cacher jusqu’à demain.
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De feuille en feuille, le temps éclabousse
Nos cœurs de son coulis instantané.
Trouverons-nous un buvard sur la mousse
Pour calmer la brûlure de l’été.
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Quand au soir déjà revenu, la lune
Éclaire notre récif oublié.
Un rêve impatient au ras de la dune
Nous enveloppe d’espoir dérobé.
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17 juillet 2024
Au détour du chemin, le vent occupe
La lande avec ses draperies d’été.
Son lit défait dans le vieux mur, la huppe
Chante déjà son refrain saccadé.
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Et le jour s’écoule entre les terrasses
Où rêve un coquelicot affamé.
Imaginant s’extraire des caillasses,
L’heure tricote un nuage bleuté.
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Aux ronces du silence, la caresse
Du soleil érafle le battement
Sourd des vieilles ombres qui n’ont de cesse
D’approvisionner leur grand affluent.
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Mais le chant du cœur griffe le feuillage
Où sursautent les oiseaux endormis.
Alors, se pressent aux sources des pages
Des lueurs où nos corps sont assoupis.
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Un poème aux mains chargées d’écriture,
Se love sous la paupière en satin
De l’espoir qui traîne dans la fissure,
Là, où se cache mon dernier chagrin.
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Je te cherche dans le bosquet d’épines
Quand vole au loin, un joli papillon.
Par-delà les lunes, la mousseline
Du couchant recouvre le carillon.
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Si la morsure de la nuit se couche
Dans le concert des effraies des clochers.
Je possède tout le ciel dans ma bouche.
Au jardin d’étoiles, seuls nos baisers.
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