Catégorie : Nuées poétiques
27 juillet 2025
Je cache au cœur un peu d’enfance,
Mille souvenirs au bras du destin.
Virevolte sans cesse la fragrance
Des saisons délaissées sur mon chemin.
…
Le temps, entre les tisons des orages
Ride mon écorce jusqu’à l’aubier.
Si vivante quand j’écris aux nuages
Alors que se rétrécit le sentier.
…
Quand bien même les marées successives
Lavent mes pas sur le sable mouillé,
Il reste tant de terres inconquises
Tout autour de mon poème esseulé.
…
Au diable, L’espoir criant sa promesse,
Je n’écoute que le chant de l’oiseau.
Le jour accueille l’aube, sa maîtresse
Quand le matin m’interroge à nouveau.
…
Je m’émeus devant la rose éphémère,
Le froufrou des blés contre mon tympan.
Je suis flocon de neige et la rivière
Qui emporte chaque secret d’antan.
…
Je console avec la chaleur des rimes
Les mots qui bordent le silence amer.
Si les digues cèdent dans les abîmes,
Le parfum de l’été chasse l’hiver.
…
Avec mon panier rempli de blessures,
Je rejoins l’harfang tout en haut des vents,
Cependant, bien droite dans sa posture,
La nuit glisse dans un bruissement.
…
20 juillet 2025
Certains soirs d’été, le temps amaigri
Abandonne au ras des flots, son corsage.
Le sommeil débarque du jour rougi
En pressant le pas sur l’autre rivage.
…
Au ciel trop grand, s’embrase la crinière
Des étoiles assoupies sur leur lit,
Mais les lampions clignent de la paupière
Si fort qu’un rêve céleste s’enfuit.
…
Je marche jusqu’aux portes du silence
Qui enlace nos cœurs coquelicot.
Il me faut franchir cette stèle immense
Où semble vivre l’espoir bien pâlot.
…
Là, entre la pierre et l’autel de marbre,
Quelques chardons égratignent ma peau.
Des oiseaux de nuit, sous l’épais de l’arbre
Écoutent le murmure du roseau.
…
Je ramasse une aurore sur ta route
Qui tricote sans peur nos lendemains.
Jusqu’au soupir des lunes, sous leur voûte,
J’accueille chaque secret dans mes mains.
…
Entends tu sourdre les mots des fontaines
Où s’abreuvent les rosées du matin.
L’avenir se cache dans les futaines.
Impatient, il court après ses sequins.
…
Le vent chevillé à l’âme sauvage
Des alphabets, rejoint notre horizon.
Un baiser de sel descend du nuage
C’est là que je bâtis notre maison.
…
1 juillet 2025
Le temps lâche son fardeau sur le banc
Patiné par l’humeur du ciel si blanc.
Oubliant les saignées d’ombres fragiles,
Il se baigne dans les rosées fertiles.
…
Seul le vent assoiffé dans son sillon
Cligne des paupières contre un rayon
De soleil libéré de la fourrière
Où la nuit avait coincé sa crinière.
…
Si le jour admet perdre son toupet
En se calfeutrant derrière un volet,
Au loin, le chemin festonné d’ombelles
Invente cette saison aquarelle.
…
La houle marine, sous l’horizon
Déroule ses vagues jusqu’au ponton.
Au clair du végétal, l’odeur saline
Répand son fumet jusqu’à ma glycine.
…
Au bord du fossé, tremble le soupir
Du coquelicot qui ne peut mourir.
Mon cœur de bleuet ouvre son corsage,
Je t’offre ses murmures en partage.
…
Si, au porte-manteau, j’ai accroché
Un alphabet tout neuf qui sent l’été,
C’est pour mieux faire éclore la lumière
Au creux du silence et de l’ornière.
…
Allons cueillir de jolies fleurs des prés
Pour en faire ce bouquet amarré
Aux lèvres de juillet plein de promesses
Nous serons les gardiens de son ivresse.
…
Texte proposé à Chris pour son défi du mois “les couleurs de l’été” : http://www.poetika17.com/
22 juin 2025
Au couchant, conversent deux coquillages.
La mer insaisissable, sous mon pas
Couvre de son écume le rivage
Où le crépuscule ferme ses bras.
…
Au-delà des rochers où le silence
Incorrigible s’accroche aux roseaux,
Le soir hâlé façonne la crédence
Des heures moulues sur leurs escabeaux.
…
Il y a ce bruissement chamane
Caressant le porche de l’horizon,
Quand, sur son récif, le soleil se fane.
En laisse de mer, l’odeur des moissons.
…
Sur l’oreiller de ton cœur, je me couche
Et quitte la route des sables verts.
La chanson de cet été sur la souche
Des saisons devient un charmant dessert.
…
La vague folle dans nos draps de brise
Froisse nos rêves de coquelicots.
Au bout du jour l’obscurité révise
Sa notice et plante son javelot.
…
Et sur le flanc des poèmes dentelle,
La nuit caresse nos ailes d’oiseau.
Si un baiser s’éloigne vers l’ombrelle
Des marées, demeure notre château.
…
4 juin 2025
Je suis l’aube en dormance sur le marbre.
Au-dessus des buissons gris, les potins
D’un vent trop grassouillet ourlent chaque arbre
Où les rêveries déboulent enfin.
…
J’ouvre le ciel aux nuages turquoise
Qui se désaltèrent dans le ruisseau
De la nuit mauve où les ombres chinoises
Ont sculpté le temps avec leur marteau.
…
Au nu de l’attente, mon écriture
Marque la route avec la volonté
De faire pousser des fleurs en bordure
Là, où couve ce printemps désiré.
…
Et jusqu’aux lunes où un chant s’élève,
Au mutant des vieux soleils endormis,
Une espérance ballote sa sève
Pour enfin renaître sur l’infini.
…
Sur le rebord de tes pensées, j’accroche
Des draperies de brume et au point du jour
L’heure impatiente vient sonner la cloche
Pour que nos voix s’échappent de ta tour.
…
Pose ton cœur sur l’intime de la roche
Où l’écume aère son grand rideau.
Et, regarde là au fond de ma poche
Cette lumière boiteuse en lambeaux
…
Au fond du silence où le regard doute
Un carnaval de mots ouvre le bal.
Dans la clairière de nos mains, la route
S’élargit, et tourbillonne un fanal.
…
25 mai 2025
Tes poèmes contre les miens
Étanchent la soif des fontaines.
Naissent des verbes bohémiens
Au diable les folles rengaines!
…
Et, plus loin que nos quotidiens
Des alphabets plantent leurs graines.
Voici de joyeux magiciens,
Congédions enfin les mitaines !
…
Laissons aux frontons cartésiens
S’envoler les vieilles fredaines.
En chapardant nos vieilles laines.
Le printemps sourit aux terriens.
Allons cueillir ces petits riens !
…
Ce poème est écrit sous forme d’un rondel : poème construit sur deux rimes et comportant un refrain sur le dernier vers de chaque strophe. Il est composé le plus souvent de treize vers octosyllabiques répartis en trois strophes.
C’est Annie https://www.verannie.fr/ qui avec une des publications m’a donné l’envie de faire cet exercice.
18 avril 2025
Au ciel, les nuages quittent le gris.
Une étoile traîne dans son cartable
Ses discours qui ont servi d’alibis
Au silence parfois impénétrable.
…
Dans l’herbe folle, les merles frondeurs
Piquent avec leur bec jusqu’aux racines,
Se servent goulûment, gentils flambeurs
En délaissant églantiers et épines.
…
Si dans les hautes brumes de la saison,
L’horizon s’empourpre avec impatience,
S’ouvre la porte d’un écrit brouillon
Où s’entrelacent des fils d’imprudence.
…
Et sous l’arbre des aubes, je t’écris
Ce poème, les doigts pleins d’encre nouvelle.
Un coquelicot sort de l’appentis
Et déballe du fatras, son ombrelle.
…
Là, au bord du cœur, chargé de soleil
Rugissent les mots comme un feu de paille.
Les majuscules du temps en sommeil
Sonnent le rappel pour faire ripaille.
…
Prenons la main de ce jour vagabond
Viens t’asseoir sur les parois de lumières.
Tu vois combien l’hiver est moribond.
Même les cailloux sourient aux cardères.
…
30 mars 2025
Quand l’aube funambule se redresse
Avec un fardeau de mots sous le bras,
Je cherche les bourgeons dans le fatras
Des chants d’oiseaux rassemblés en kermesse.
…
Pourtant, il y a ce nœud de morsure
Sous l’écorce où l’encrier refroidit.
Un brin d’hiver, au nu du vent, sans bruit
Pique encore au cœur la jeune ramure.
…
Mais, dans mes veines, où l’herbe sauvage
Trotte pour rejoindre notre horizon,
Le printemps s’échappe de sa prison
Et s’abreuve aux pluies calmes du nuage.
…
Viens avec moi vers la mer insoumise,
Jusqu’à cette vague absorbant ma peau.
Un soleil gonflé d’espoir sort de l’eau.
Je vais ranger la nuit dans sa remise.
…
Au nid de l’attente, le jour pavoise.
Galope un orage vers nos lointains
Mystères écrits au sel des chagrins.
Nous sommes deux que le temps apprivoise.
…
Et, sur la plage où danse la poussière,
Mon poème ôte son rouge jupon.
Au diable, demain et sa partition,
J’égare mes rimes dans ta lumière.
…
17 mars 2025
J’ai emprunté chaque chemin sonore
Où le merle gazouille à l’infini.
J’ai parcouru toutes les métaphores
Qui veulent soulever l’inabouti.
…
J’ai bu l’eau des fontaines de l’aurore.
Qui éclairent ce qui peut être moi,
Alors, des mots ont jailli de l’amphore
Refrain matinal annonçant l’envoi*.
…
Et, les nuits ont laissé leur carapace
Dans le jour où s’abreuve l’encrier.
Ma plume a bu l’eau, cette dédicace
Qui pique la froidure de l’acier.
…
J’ai aperçu dans la peau des nuages
Un vieux foulard camouflant la douleur.
Le silence a couru vers d’autres pages
Des mots nouveaux se font ambassadeur.
…
A pas traînant, des fantômes sans grâce
S’échappent et laissent sur l’horizon
Leurs masques déformés par la grimace.
Dans le ravin, tombe la dépression.
…
Cousues au giclées de soleil, les heures
Fleurissent entre menthe et romarin.
Car, sur l’aubier du printemps, les demeures
Des oiseaux forment un si bel écrin.
…
Si les rameaux s’agitent sur leur hampe,
Je respire les rosées de ton cœur.
Quelques taches d’encre sur la rampe
Des verbes égarés, je deviens fleur.
…
Nota: Envoi: utilisé ici comme notion poétique: l’envoi termine notamment les ballades.
12 février 2025
Aux confins des temps, le pas délaissé
De l’aube flotte sur la lune ronde.
Les nuits se serrent contre le passé
Quand la lumière roule sur le monde.
…
Un matin se détache de la nuit
Et sous l’édredon de ta peau, cavale
La caresse animale qui séduit
Une frivolité bien immorale.
…
Dans la ramure du printemps, frémit
Mon âme qui s’abandonne à ta bouche.
Je cours vers les portes de l’interdit,
Où des strophes amoureuses font mouche.
…
J’abreuve à ta rivière de désir,
Chaque fontaine de douces caresses.
Un récital de mots brode un soupir
Aux cimes des nuages en ivresse.
…
Au silence dévêtu, le frisson
Réplique et le jour insane chantonne.
Abrité dans l’antre de Cupidon,
L’espoir fatigué renaît et bouillonne.
…
Là où ruissellent les pluies de demain,
Je disperse une romance guerrière.
Quand le vent effeuillera mon refrain,
Nos cœurs aimeront boire la lumière.
…
J‘ai participé également au défi de Chris en proposant ce texte
http://www.poetika17.com/
Navigation des articles