Transhumance
J’ai dû laisser partir l’été au vent.
Quand d’un arbre à l’autre, des pluies de rouille
Ont rompu dans un simple feulement
Les lumières et leur douce patrouille.
…
De forêt en forêt, les cris d’oiseaux
Ont escorté un bateau de nuages.
Mais l’hiver a battu avec ses couteaux
Le fagot des heures en recyclage.
…
Les herbes fourbues se couchent au sol
Cernées d’un gel de blanche porcelaine.
Je n’entends plus le chant du rossignol.
Abrité par une nation lointaine.
…
Soudain vivant dans le sel du matin,
Un feu renaît sur l’orbe du silence.
Quelques ailes sur l’écorce du pin
Accordent leur partition en cadence.
…
La route s’élargit vers les buissons
Où des mots à la nudité mordante
Entassent leurs doutes et leurs haillons.
Allons ramasser leur lueur filante.
…
Malgré l’ombre roide sur les ronciers,
Je retiens, serrés au cœur, les murmures
Du coquelicot pour que le papier
S’en souvienne telles des impostures.
…
Viens, rejoignons le refrain familier
Dont se nourrit encore l’espérance.
Nous vaincrons les flaques noires d’acier
Près de nos rêveries en transhumance
…
Joli poème même si l’automne est loin d’être ma saison préférée surtout quand l’hiver s’installe trop vite…
Bonne soirée.
Bises
Bravo, les métaphores de ton poème arrivent à créer une atmosphère très tactiles. Ton texte évoque bien le passage de l’été à l’hiver puis la promesse d’un renouveau.
« Nous vaincrons les flaques noires d’acier ». Oui camarade, je te suis ! 😉
Bisous
Et dans celui-ci, c’est l’hiver qui déjà frémit. Oh ! Tu y vas fort. Heureusement que la bise ne souffle pas encore, mais c’est cette maudite heure d’hiver qui te fait anticiper la saison froide. Mais le rossignol aussi l’a anticipée en s’envolant vers l’Afrique subsaharienne. Je ne connaissais pas ce détail concernant le rossignol et sa grande transhumance d’automne. On n’entendra de nouveau son chant qu’au printemps maintenant.
Bonsoir Sedna,
Je suis toujours enchantée de lire les murmures de tes coquelicots ! Bravo pour ce poème un tantinet mélancolique !
Amitiés.
Annie
bonjour merci pour ce joli poême ..j’aime l’automne ..ma saison prférée avec le printemps on reprends ce matin la routine en attendant le fils qui arrive samedi…bon lundi je t’embrasse YVETTE
En lisant ton poème,je revoyais les grues cendrées au-dessus de la maison, haut dans le ciel, pleines d’espoir pour un avenir meilleur…
Avec tes mots, je m’évade et c’est avec plaisir ! Merci pour cette belle parenthèse
La troisième strophe me plaît beaucoup…
Nous avons besoin de routes qui s’élargissent. Merci.
Joli poème sur la transhumance du temps qui passe…
Je laisse filer cette saison que je n’aime pas. J’en apprécie uniquement les couleurs quand le ciel est bleu.
Bonne journée et merci pour ce moment d’évasion en écriture.
Bisous
tu as l’art d’évoquer les passages du temps…
« Je retiens, serrés au cœur, les murmures/ Du coquelicot »… C’est bon de retenir ce qui est joyeux, léger, et de nourrir son espérance. Elle est toujours là, accrochée à tes poèmes et il faut croire qu’elle ne déçoit pas.
Transhumance du temps qui passe
Saison qui fuit, qui lasse, qui casse
Les feuilles s’en vont, les os se serrent
À l’orée de l’hiver, mon corps se fait pierre.
Que faire ? marcher, malgré le vent
Respirer chaud, bouger souvent
Huile les gestes, berce la peine
Et je me dis : tout passe, tout revient
Je râle après ma vieille carcasse quand même
Que faire?
Chaque petit mouvement huilera mes articulations
Fera râler un peu moins mon squelette
Parfois, il faut juste reconnaître :
oui, ma carcasse râle, mais je peux la chouchouter.
Une attitude douce, humoristique, et un peu de râlage contrôlé, ça fait du bien hihihi
L’hiver est aussi une saison utile
Bonne journée
Rose 🌹
j’ai toujours eu envie de fuir mais dans la transhumance, il y a un retour vers quoi ?
Fin octobre, voici venu le temps de la transhumance, de la grande migration, et l’ombre des taillis grandit à vue d’œil. Cependant, nous rêvons encore de couleurs mordorées, de douce lumière, d’oiseaux bien présents sur les branches…Comment ne pas penser aux ciels bleus d’après-midi, à la couleur exacte des coquelicots ? Heureusement, il reste l’espérance, ancrée en nous, que tout ceci reviendra réellement, une fois passées les morsures hivernales.
Un poème émouvant, très humain, sur le non-renoncement, la volonté de garder en soi, la certitude d’un avenir meilleur.
Merci et bonne semaine, Sedna
J’ai aimé tes mots qui symbolisent la transhumance des animaux…
Nous aussi, nous portons nos saisons.
De l’enfance à l’âge mûr, du rire aux larmes,
nous montons et redescendons nos propres montagnes.
Nos espoirs migrent, nos certitudes s’effritent,
et dans ce va-et-vient silencieux, la vie se tisse.
La transhumance n’est pas seulement celle des troupeaux,
mais celle des cœurs qui apprennent à partir sans se perdre.
Elle nous enseigne l’humilité devant le temps,
et la beauté fragile de tout départ.
Bonjour,
Je pensais à la transhumance des animaux mais il n’en est rien.
Tu décris ce changement de saison si bien. Tu sais trouver les mots et toujours nous enchanter.
Je te souhaite une douce semaine
Bonjour Sedna,
Un bel écrit où ton âme, tes vers nous emportent dans cette saison qu’est l’automne, dans une transhumance poétique.
Nous contemplons intérieurement, à côté de tes pas, ta vision d’une saison qui se veut être au ralentie.
La nature s’endort sur les chemins, mais notre âme, en son feu intérieur, part vers des paysages d’introspection, vers des endroits, où malgré un dénuement d’une saison, chante à nos sens une belle transhumance, en imagination et à un profond retour sur soi, là où brûle le feu intérieur de l’espérance…ce retour aux sources de l’esprit. La nature est une cathédrale, ce temple intérieur, qui nous invite à notre ressourcement et, ce, quelque soit les saisons qui passent.
Toujours un plaisir de te lire, belle âme de lumière, ta vision poétique de ce monde nous entraîne dans ta transhumance profonde qui éclaire nos chemins.
Je te remercie de ta fidèlité Sedna et de ta présence amicale, sous mes écrits.
Ici, vent très fort et pluie sur ma Lorraine, mais je t’envoie un rayon de soleil, toute mon amitié et ma rose.
Je te souhaite une très belle semaine.
avec la saison plus froide, les lignes semblent se raidir et s’accentuer, même le chant des oiseaux semble plus clair et plus rectiligne, les tons se prennent une nouvelle palette et nous nous inventons des coins plus chaleureux, le coin du feu s’il disparait de la vie moderne reste au coin des imaginations ?
Bonjour Sedna. Joli poème aussi de Hayat sur l’automne. Bonne journée
Bonjour Sedna. L’automne est bien là avec ses pluies, la rouille et le ballet des oiseaux migrateurs. Bon dimanche
Comme Marie, je m’attendais à la transhumance au sens propre, mais je suis toujours agréablement surprise par ce que tu sais personnifier. L’heure est à la fin d’octobre avec ces couleurs qui teintent joliment ton site pour nous le rappeler au moment où l’on change d’heure… Oui, suivons ce mouvement porté par l’espérance. Le seul qui compte en poésie ! J’adore ton poème.
Je m’attendais à un poème sur la transhumance animale comme j’en vois beaucoup dans mes montagnes mais non. Tu glisses doucement de l’automne à l’hiver en notes bien jolies.